Un reportage de Caroline Vicq, à Buenos Aires, en Argentine

Céline : « C’est un pèlerinage. Au bout de quelques années de tango, on émet le désir de venir ici. Après 4 mois sur Buenos Aires, on s’est effectivement rapprochés énormément de ce qu’était le cœur du Tango »

Danseurs de tango
Danseurs de tango © Fiesta des suds

Comme le dit Céline, cette Française en vacances à Buenos Aires, le tango est désormais un attrait touristique très à la mode en Argentine, pays le plus visité d’Amérique du Sud avec 5 millions de vacanciers en 2010. Née à la fin du XIXème siècle, cette danse a connu son âge d’or dans les années 1950, avant de tomber dans l’oubli.

Depuis une vingtaine d’années, le tourisme européen lui a donné un second souffle. Rencontre avec des voyageurs amoureux de cette danse lors d’un bal, à Buenos Aires.

Gladis, professeure de tango : « Un deux trois quatre ! Détends-toi ! Respirez ! Respirez ! Tu dois conduire ta partenaire mais sans force. C’est une invitation ! Tu invites la femme »

Gladis, la professeure, guide et conseille un couple de touristes italiens. Sous la coupole de la confiteria appelée Ideal, célèbre salon de thé centenaire, les danseurs étrangers avancent, reculent, tournent. Quelques touristes moins courageux sont assis à leurs tables et regardent les apprentis tangueros.

Sur la piste, Emiliano, 39 ans, est Italien et professeur de tennis. Il est venu pour la première fois à Buenos Aires en 2005 pour affiner sa technique de tango. Depuis, il vient 6 mois par an, exclusivement pour danser.

Emiliano : « En Europe malheureusement, les gens sont plus fascinés par le mouvement du tango que par le moteur du tango, c’est-à-dire bien marcher, être en rythme, suivre la musique et danser avec des sentiments. Quand tu vas au bal, tu vois de vieux Argentins qui n’ont jamais étudié le tango mais qui ont souvent fréquenté des bals et qui ont écouté du tango toute leur vie. Ils ne font pratiquement que marcher, mais le but, c’est de réussir à danser comme eux, qui ont grandi avec le tango dans leur cœur »

Un autre couple attire l’attention : ils sont Français. Edouard et Céline. Lui, élégant et concentré, elle, les yeux fermés, robe noire et chaussures dorées. Tous les deux sont là pour un an, dans le but d’ouvrir une école de tango dans les Alpes-Maritimes. Ils sont venus chercher de l’authenticité.

Edouard : « Ici il y a des gens qui dansent depuis 40 ou 50 ans, qui ont une expérience du tango. Il y a une culture du bal ici, qu’il ne peut pas y avoir à Paris, puisque de fait, le tango a repris son essor depuis une dizaine d’années. Enfin moi, il n’y a qu’ici que j’ai pu voir un bal entier prendre sa respiration en même temps, ralentir en même temps, et sentir la musique et voir quelque chose de vraiment collectif »

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Céline : «Les gens dansent pour eux et non pour les autres, pour se faire voir, et on sent dans les couples qui dansent une vraie osmose de couple, que je ne ressentais pas forcément à Paris ou très peu. On a commencé à baigner dedans, on s’imprègne des émotions qui sont ici. Maintenant on va essayer de garder cette pureté en revenant, mais on reviendra, c’est sûr ! »

Le charme de Buenos Aires a encore frappé. Comme eux, ils sont des milliers de touristes, surtout Européens, à venir chaque année, envoûtés par le bandonéon et fascinés par le tango argentin.

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