Un reportage de Régis Genté, à Tbilissi, en Géorgie

Dr. Nana Kiria : « Nous avons des patients qui arrêtent leur traitement en cours plusieurs fois, alors qu’il est capital de le suivre de bout en bout. Mais dans ce cas, nous avons tout ici pour les guérir . »

Affiche pour le vaccin contre la tuberculose (1917)
Affiche pour le vaccin contre la tuberculose (1917) © Vilar (domaine public)

Le Docteur Kiria l’assure, la Géorgie prend bien soin de ses 5.000 tuberculeux.

Ils étaient 2 fois plus dans les années 1990, et pour beaucoup, également touchés par une grande pauvreté après la chute de l’URSS. Ces dernières semaines, on a beaucoup parlé des Géorgiens, Tchétchènes ou Russes souffrant de tuberculoses multi-résistantes, qui afflueraient dans les hôpitaux français pour se faire soigner.

Pourtant, à l’Est, les choses ont changé.

Une infirmière : « Y en a qui commencent par les médicaments rouges, d’autres les blancs, certains avalent tout d’un coup…

Une autre infirmière : Comment ça va ? Qu’est-ce qui vous a fait mal cette nuit ?

Un patient : J’ai dormi de ce côté, ça me faisait très mal…

Infirmière : Asseyez-vous, asseyez-vous. Vous êtes allé aux toilettes ? C’était quand la dernière fois ?

Patient : Oh, y a longtemps.

Infirmière : Dans ce cas, prenez ce comprimé.

Patient : Je l’ai pris, mais ça marche pas ».

C’est sous l’œil vigilant des médecins et infirmières du Dispensaire de Tbilissi, que les tuberculeux atteints de formes multi-résistantes de la maladie, avalent deux fois par jour une quinzaine de comprimés. C’est comme cela que l’on lutte contre cette maladie infectieuse.

La Géorgie suit la stratégie DOTS promue par l’Organisation mondiale de la santé, consistant notamment en la surveillance directe par le corps médical de la prise des médicaments par le patient, chaque jour et à heure fixe.

Un homme tuberculeux : « C’est plus facile d’avaler tout ça comme ça. Je les mélange avec du yaourt, comme ça les médicaments ne me dérangent pas. »

Grâce au Programme national de lutte contre la tuberculose, financé par le gouvernement géorgien et le Fonds mondial pour le sida, la tuberculose et le paludisme, les 5.000 tuberculeux du pays sont soigné gratuitement, tout au long des mois, 20 ou plus, de traitement. Environ 1800 euros sont dépensés par patient et par an. Une somme est même allouée, par exemple, pour le transport, à ceux qui doivent chaque jour venir prendre leurs médicaments dans un dispensaire.

Le pays progresse manifestement dans sa lutte contre la tuberculose. Il compte moitié moins de malades qu’il y a 15 ans.

Le problème est ailleurs, selon Mamouka Djaparidzé, le directeur du Centre National pour la Tuberculose.

Mamouka Djaparidzé : « En ce qui concerne les cas de tuberculoses multi-résistantes, il y a une certaine augmentation. C’est un problème réel et sérieux. Mais ce n’est pas qu’en Géorgie. C’est un problème qu’on rencontre aussi en Europe de l’Ouest. Parce que les médicaments que l’on utilise n’ont pas été changé depuis déjà quelques décennies. C’est comme pour un antibiotique qui n’a pas été changé depuis quelques années, les bactéries deviennent multi-résistantes . »

Les chercheurs s’apprêtent à tester les protocoles de nouveaux médicaments capables de vaincre ces formes multi-résistantes de la maladie. 15% des tuberculeux géorgiens souffrent de ces formes multi-résistantes.

Beaucoup n’ont pas la force de supporter le traitement jusqu’au bout. Ce sont eux que l’on retrouve parfois dans le service des maladies infectieuses de certains hôpitaux français.

Un homme tuberculeux : « Oui, ça aide ces médicaments. Absolument,il faut que je les prenne. »

La tuberculose, maladie infectieuse la plus meurtrière derrière le Sida, avec plus d’un million de décès en 2011 dans le monde (selon l’OMS).

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