Un reportage de Caroline Vicq, à Buenos Aires, en Argentine

Romina Martinez, historienne, membre de l’Institut de recherche Eva Peron : « Dans l’imaginaire collectif, Eva Peron reste la femme qui s’est chargée des plus démunis, cette bonne fée qui est venue s’occuper des pauvres

Eva Peron
Eva Peron © Hamner_Fotos

Ce sera le 26 juillet prochain : les Argentins célèbreront les 60 ans de la mort d’Eva Peron. Cette Première Dame issue d’un milieu modeste qui s’est toujours battue pour le droit des femmes, pour les plus pauvres et contre les militaires. Disparue à 33 ans, d’un cancer, elle fait encore aujourd’hui l’objet d’un culte de la personnalité. Le parcours de l’actrice Eva devenue l’icône Evita.

Eva Duarte, son nom de jeune fille, est née dans une famille pauvre dans la province de Buenos Aires. Elle quitte sa famille très jeune et devient actrice. Eva a très mauvais caractère, et derrière son joli minois se cache une rebelle. Déjà, elle montre un certain intérêt pour la politique et le social.

Romina Martinez, historienne, membre de l’Institut de recherche Eva Peron : «Comme elle était actrice, elle faisait partie du syndicat de la radio en 1939. Ensuite, l’évènement qui réunit Eva et Peron, c’est une campagne solidaire des artistes du pays argentin pour réunir des fonds après un tremblement de terre dans le Sud du pays en 44. Elle participait à cette campagne. Donc quand on a ces centres d’intérêts politiques et sociaux, évidemment qu’être l’épouse du président, ça vous fait décoller et ça vous propulse au devant de scène »

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Juan Peron au pouvoir, la Première dame crée sa Fondation qui construit des foyers, des écoles, des cliniques et des colonies de vacances pour les enfants pauvres. En 1947, elle obtient le droit de vote pour les femmes. Elle consacre tout son temps aux plus démunis.

Romina Martinez : « Ses journées étaient de 24 heures. Elle ne s’est jamais reposée. Elle commençait très tôt. Et nous avons trouvé des traces d’Eva dans des rassemblements politiques, des réunions syndicales, elle donnait aussi des cours à l’Ecole Supérieure des Péronistes… Je crois que son héritage est dans les secteurs populaires. Car il existe plus d’une Evita aujourd’hui qui travaille chaque jour ; ces femmes anonymes, qui n’ont pas eu sa chance de dépasser les frontières de l’Argentine et de devenir une icône mondiale »

Aujourd’hui encore, elle provoque l’admiration chez les jeunes.

Sabrina, militante péroniste à la faculté de droit de Buenos Aires : «Eva est une inspiration pour beaucoup de jeunes militants qui veulent construire un pays meilleur pour les travailleurs. C’était le rêve d’Eva, celui de la justice sociale. Il se rendre compte que c’était il n’y a pas si longtemps, ça fait 60 ans. Beaucoup de nos grand-mères lui ont écrit une lettre pour recevoir une machine à coudre et Eva leur a envoyé la machine. Elles l’ont encore aujourd’hui. C’est difficile de l’oublier. Elle est très présente. Des gens en vie aujourd’hui ont vu Eva Peron, ont reçu des choses d’elle et se souviennent d’elle comme un ange gardien »

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