Un reportage de Régis Genté, à Tbilissi, en Géorgie

Un copte égyptien : « J’habite au Caire, mais je suis arrivé en Géorgie il y a 4 mois, parce que vous savez, en Egypte, nous avons beaucoup de difficultés. Nous aimons vivre là, dans cette société chrétienne. »

Tbilissi - Géorgie
Tbilissi - Géorgie © radio-france

Dans l’ex-république soviétique de Géorgie, environ 2.000 Coptes, ces chrétiens d’Égypte descendants directs du peuple pharaonique, se sont réfugiés depuis un an. Fuyant les violences, et plus généralement le climat d’insécurité dont ils sont victimes dans leur pays de la part de groupes islamistes.

La Géorgie est un pays chrétien orthodoxe, comme la plupart de ces Coptes. Malgré tout, l’exil n’est pas facile.

Désormais, tous les mercredi matins, pendant 3 heures, la cathédrale catholique de Tbilissi vit au rythme oriental du rituel copte.

Encens et sons des cymbales montent dans la nef, tandis que quelques dizaines de familles venues Égypte remplissent peu à peu les bancs, les hommes s’installant dans la rangée de gauche, les femmes dans celle de droite.

A la sortie de la messe, le Père Yohana, venu il y a un mois du monastère Saint-Antoine, près de la mer Rouge, pour soutenir ses coreligionnaires, revient sur le long sermon qu’il vient de prononcer :

Père Yohana: « J’ai parlé de Jésus Roi, qui est attentif à ses fils et ses filles, du fait que nous avons besoin de lui pour nous soutenir dans nos vies, que nous pouvons nous reposer sur lui pour nos problèmes et nos peines, et qu’il arrangera tout. »

L’église géorgienne ne considère pas ces Coptes comme véritablement orthodoxes. Elle ne les accueille donc pas dans ses murs. D’où cette messe dans la cathédrale catholique et en un jour inhabituel.

D’autres désagréments attendaient ces Coptes en Géorgie : la barrière de la langue est réelle, l’économie a l’avantage de ne plus être corrompue, mais le marché est étroit pour ces commerçants que sont ces Coptes. Et des problèmes pour obtenir des visas se font jour.

Voici, ce que nous dit celui que nous appellerons Adel.

Adel : « Vous voyez je vends des produits de nettoyage, des sprays, du parfum, du shampoing. Je suis venu parce qu’à Alexandrie, des musulmans m’ont attaqué, au couteau. »

Régis Genté : « En effet, vous avez une cicatrice, sur le flanc, d’une quinzaine de centimètres… »

Adel : « C’est arrivé il y a 11 mois, et la police n’a rien fait. Maintenant, le problème est que le gouvernement géorgien ne me renouvelle pas mon visa d’un an. Je ne sais pas pourquoi. »

Malgré tout, certains Coptes veulent faire de la république caucasienne leur lieu de refuge si les choses tournaient encore plus mal en Égypte.

C’est le cas de celui de cet homme d’affaires venu des environs d’Alexandrie pour repérer les lieux en Géorgie, pendant une dizaine de jours.

Un homme d’affaire copte : « Je veux juste avoir une base ici pour rester entre la Géorgie et Égypte, pour avoir un lieu où aller, au cas où. Je pense que le problème ne vient pas des musulmans, mais des radicaux et du fondamentalisme. Parfois, ce sont des petits problèmes du quotidien. Par exemple, quelqu’un ne veut pas vous acheter ou vous vendre quelque chose parce que vous êtes différent . »

Leur différence, ces Coptes la sentent aussi en Géorgie, malgré une foi commune. D’où, en partie, la ferveur de leurs prières ce mercredi…

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