Reportage de Anaïs Feuga, envoyée spéciale permanente à Rome, Italie

En Italie, le travail exemplaire des carabiniers de la « protection du patrimoine ». Ces carabiniers ont acquis au fil des années une expertise mondialement reconnue pour traquer les œuvres d’art volées. En 2013, 154 pilleurs de tombes étrusques ou romaines ont été arrêtés.

C’est l’un des plus beaux immeubles de Rome, sur la place Saint Ignace, conçue comme un décor de théâtre, et c’est ici, derrière ces façades qui ondulent que se trouve le siège du commandement. Dans le hall d’entrée, des vases étrusques sont exposés dans des vitrines. Le capitaine Gianluca Ferrari, nous emmène dans son bureau. Pour retrouver les œuvres d’art volées, une grande partie du travail se passe derrière l’ordinateur. Car l’outil fondamental des carabiniers, c’est leur banque de données, unique au monde. 6 millions d’objets référencés, près de 604 000 images répertoriées.

Capitaine Gianluca Ferrari:

Dans nos activités de vérification et de contrôles du commerce en ligne, sur des sites spécialisés, des galeries virtuelles, ou à travers des contrôles que nous effectuons auprès des commerçants spécialisés, antiquaires ou galeristes, au moment où nous repérons une œuvre d’art, on la photographie et on la compare avec le matériel informatique de la banque de données.__

Le tableau "Violon et bouteille" de Picasso, retrouvé en 2014 par les carabiniers
Le tableau "Violon et bouteille" de Picasso, retrouvé en 2014 par les carabiniers © Anaïs Feuga

C’est ainsi qu’a été retrouvé l’année dernière un Picasso. « violon et bouteille », peint en 1912. Alors que le détenteur du tableau voulait obtenir les certificats pour l’exportation, la toile est repérée par les carabiniers. Qui découvrent son histoire rocambolesque, comme l’explique le général Mariano Mossa, commandant des carabiniers.

Mise en vente pour 1 million 400 mille euros, elle en vaut 10 fois plus. Les enquêtes sont encore en cours pour comprendre qui est le réel propriétaire car, comme l’explique, l’histoire de cette toile est rocambolesque.

Général Mariano Mossa :

Un encadreur de Rome, avait réparé, gratuitement, il y a 36 ans, un porte photo de la femme d’un homme riche. L’homme s’est senti obligé de lui faire un cadeau. Et il lui a donné cette toile. Il ne lui a pas dit que c’était un Picasso, il lui a offert, c’est tout. __

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Le défi, c’est d’intercepter les œuvres d’art avant qu’elles ne quittent le pays. Car l’étranger est bien souvent un vrai débouché. Le capitaine Gianluca Ferrari.

Capitaine Gianluca Ferrari:

L’étranger représente l’assurance de gagner plus, car les biens culturels italiens sont particulièrement appréciés à l’étranger. Il y a des collectionneurs qui sont prêts à verser des sommes importantes pour pouvoir posséder un bien culturel italien. Les pays importateurs sont les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, l’Angleterre, en ce qui concerne le trafic d’œuvres d’art italiennes.

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En 2014, les carabiniers spécialisés ont récupéré plus de 38 000 biens culturels, pour un montant de 80 millions d’euros.

logo du commandement des carabiniers pour la protection du patrimoine
logo du commandement des carabiniers pour la protection du patrimoine © Anaïs Feuga
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