Un reportage de Pascale Guéricolas, correspondante à Québec

Mario :

Il y a beaucoup de locations, il y a beaucoup aussi de particuliers qui amènent leur cabane. On avait 162 cabanes cette année. On a commencé à en sortir. Il y en a qui arrêtent de pêcher, fait que on sort les cabanes. On se prend d’avance, parce que c’est long de tout sortir ça!__

Mario travaille pour un pourvoyeur au Lac Saint Pierre, un élargissement du fleuve Saint Laurent au Québec. Chaque hiver, son patron loue des petites cabanes en contreplaqué équipées d’un poêle, et les installe sur la surface glacée du lac. Les pêcheurs percent des trous dans la glace d’une épaisseur d’un mètre cinquante, avec des perceuses géantes. Ils installent ensuite leurs lignes, pas trop loin de leur cabane pour se réchauffer. Ils les ont particulièrement appréciées cet hiver car les températures ont été très rigoureuses au Québec.

Le mois de février a été le plus froid au Québec depuis 115 ans. Marcel et son ami, des habitués de la pêche sur la glace, l’ont bien remarqué….

Marcel :

C’est samedi passé qu’il y avait un bon vent quand même…. On perce des trous, puis les trous s’enterrent de neige à cause du vent. On fait plus de cabane ! J’en ai eu pas mal des -30 degrés à cinq heures le matin sur la glace, ouf ! C’était "frette" cet hiver. C’est moins bon quand c’est bien froid. Mais là ça recommence à mordre. __

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Le froid mordant n’a pas empêché certains gros brochets ou des esturgeons d’environ un mètre de long de rester coincés dans les trous creusés sous la glace.

Marcel :

Ah, il s’en est pris du gros. Des dorés, des esturgeons de 32 pouces de long. Des esturgeons immenses, ça passait pas dans le trou. On fait d’autres trous pour qu’ils passent.

Pour espérer attraper ces monstres du lac ou des sandres de taille plus modeste, la méthode est simple. Laisser tomber une ligne lestée d’un plomb et d’un petit poisson au fond du trou. Explications avec deux professionnels de la pêche.

Marcel :

Quand ça mord, ça donne des petits coups comme ça. Là on arrive à côté, on la prend tranquillement puis on lui donne un peu de lousse (de mou), Quand on sent une pression, on donne un coup, on sort le poisson. Pas trop fort, vous remontez tout le temps, vous le laissez pas en bas. Si vous remontez pas tout le temps, le poisson ne sortira pas, il va se décrocher.

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Postés devant leur ligne, les pêcheurs attendent que le poisson qui circule sous un épais manteau de glace daigne mordre sur leur appât. Déjà, certains pensent à ramener leur cabane sur le sol ferme, car la saison hivernale se termine. Les conducteurs de 4 X4 capables de tirer ces maisonnettes sur roues ou sur ski sur le lac glacé sont très recherchés.

Marcel :

T’as-tu le temps de me la monter en haut ma cabane? L’envoyer où ? Ok c’est laquelle là ? La blanche qui est là. Oui, je vais aller te voir après qu’on ait fini ça.__

Des cabanes roses, blanches, bleus se déplacent sur le lac. Le poisson peut dormir tranquille jusqu’au printemps.

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