En Italie, la polémique ne désenfle pas depuis le 1er janvier. Depuis que les policiers municipaux de Rome se sont fait porter pâle en masse, la nuit de la Saint Sylvestre, sur fond de conflit avec la municipalité. Mais cet épisode remet sur le devant de la scène l’absentéisme à l’italienne...à Rome, , correspondante Radio France

Le Colisée
Le Colisée © Andreas Tille - Wikimedia Commons

Ils renseignent les touristes, verbalisent les conducteurs, ou font la circulation … Les policiers municipaux de Rome sont dans l’œil du cyclone. La nuit de la St Sylvestre, pour assurer la sécurité du concert géant au Cirque Maxime, et aux spectacles sur les forums, 905 agents figuraient au tableau de service. 767 d’entre eux ne se sont pas présentés sur leur lieu de travail. Un taux d’absentéisme de 85% ! Le maire adjoint de Rome, Luigi Nieri, ne décolère pas.

Luigi Nieri, maire adjoint de Rome :

Nous sommes face à un acte très grave, et inacceptable, pour la capitale de l’Italie, pour ces 600 000 personnes qui ont voulu fêter cette soirée, et aussi pour les tous les agents de la police municipale qui ont, eux, travaillé.

Je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour que soit reconnu le droit de grève, le droit à la protestation, y compris dure, mais là, c’est autre chose. Il s’agit d’un acte irresponsable, parce qu’on ne peut pas laisser la ville sans police municipale et sans services.

Heureusement, la soirée de Nouvel An s’est passée sans incident. Mais dès le lendemain, la municipalité de gauche a dénoncé les faits. 571 policiers, 75% des absents, ont brandi un certificat médical. 63 autres étaient absents pour don du sang. 44 n’avaient aucune excuse. La police municipale est en conflit avec la mairie, depuis que cette dernière a changé le mode d’attribution des primes et a décidé de déplacer les policiers d’un quartier à un autre, afin de lutter contre la corruption, Roberto Pardo, syndicaliste du mouvement des polices locales.

Roberto Pardo, syndicaliste du mouvement des polices locales :

Le problème, c’est le contrat de la police locale dans toute l’Italie. C’est un contrat d’employé et donc ça ne permet pas à l’employeur de faire travailler le personnel comme peuvent être employés les agents de police. Aucun employé ne peut être appelé pour travailler la nuit de Nouvel An. Ceci, c’est un service différent qui doit, bien évidemment fonctionner.

Certains syndicats prennent leurs distances et dénoncent ce recours aux certificats médicaux. Il n’empêche. Cette affaire discrédite les syndicats aux yeux des Italiens. Mais ce n’est pas tout. La même nuit du Nouvel An à Rome, l’attente sur l’une des deux lignes de métro a atteint jusqu’à une demi-heure. Seuls 7 conducteurs sur 24 prévus étaient au travail. A Bari, dans les Pouilles, un quart des chauffeurs de bus étaient absents ce même 31 décembre. A Locri, dans l’extrême sud, le maire estime qu’un 5ème de ses employés municipaux travaille réellement. Après de multiples sanctions restées sans effet, il a décidé en septembre dernier, d’écrire tout simplement au Bon Dieu.

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