Un reportage d’Eric Samson, à Quito, en Equateur

Emmanuel Pierre :

La majorité des Haïtiens qui viennent ici ne savent pas combien ils vont payer ceux qui leurs permettent de venir en Equateur et ils paient plus de 6000 à 7.000 dollars.

Haïti
Haïti © Radio France

Emmanuel Pierre est un sociologue haïtien arrivé en Equateur avec sa femme il y a 3 ans son entrée et celle de ses compatriotes sur le territoire équatorien a été facilitée après le tremblement de terre meurtrier de janvier 2010. Le gouvernement du président Rafael Correa avait en effet donné la possibilité aux Haïtiens de rester 3 mois sans visa.

Mais cette porte ouverte sur l’Equateur est aussi malheureusement une porte ouverte à de nombreux abus.

De la musique haïtienne, un mélange de créole et d’espagnol, s’écoutent tous les jeudis après-midi dans l’un des studios d’enregistrement de la radio de la maison équatorienne de la Culture. Il s’agit de l’émission de radio hebdomadaire d’Emmanuel Pierre et de sa femme. Tous deux vivent en Equateur depuis 3 ans. Ils ont vu passer beaucoup de leurs compatriotes en difficulté. Le couple a décidé de les aider via les ondes et Internet. Leur émission est diffusée le lundi soir sur Radio Galaxie, à Port-au-Prince, pour que les candidats à l’exil ne soient plus victimes d’abus.

Emmanuel Pierre :

Nous faisons ce programme pour que les Haïtiens aient plus d’informations. Nous allons leur parler de comment avoir un visa de travail, le renouvellement du passeport et de comment faire des cartes d’identités à leurs enfants pour ceux qui en ont.

L’émission s’adresse aussi à la communauté haïtienne en Equateur, une petite communauté de quelques centaines de personnes pour qui la vie n’est pas toujours facile.

Charles Dieusauveur :

Quand nous allons chercher du travail, on nous demande d’avoir une résidence. Ce n’est pas facile pour nous, car on nous demande beaucoup de papiers pour obtenir cette résidence, mais nous ne pouvons pas les obtenir.

Anne Rebecca :

Maintenant, c’est vraiment dur. Depuis une année, les tarifs ont augmenté.

La sœur Marie Pierrette étudie le journalisme dans l’université salaisienne locale. Elle sait que beaucoup de ses compatriotes, notamment les jeunes, sont victimes d’abus :

La majorité des jeunes auxquels j’ai parlé m’ont dit qu’ils avaient été invités par une organisation qui leur a promis, études, tout compris, vie dans un campus, etc. Ils vont tout payer depuis Haïti.

Ce problème est l’une des priorités de l’ambassade haïtienne, récemment réouverte à Quito, confirme le chargé d’affaires Christian Toussaint :

Il y a un problème avec les trafiquants, donc essaie, en collaboration avec les autorités ici, de se mettre à leurs trousses pour voir ce que ça va donner.

Cette réalité, le ministre haïtien des Affaires Etrangères la connaît bien. Il l’explique par la situation encore difficile à Haïti. Pierre-Richard Casimir :

Le gouvernement haïtien doit améliorer les conditions chez nous car celui qui laisse son pays cherche une meilleure condition de vie et souvent, prend de mauvaises décisions.

En attendant, les Haïtiens continuent de débarquer à l’aéroport de Quito, parfois préparés, parfois moins. L’émission de radio d’Emmanuel Pierre n’a donc pas fini d’être utile.

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