L’estancia Moat est exceptionnelle. Elle est au bord du canal de Beagle, qui unit deux océans, la route qui y mène est la plus au sud du monde. Ce n’est pas seulement un morceau de terre qui est à vendre, mais aussi le mythe, la magie de ce lieu… »

__

Nous voilà dans une brasserie chic de Buenos Aires où Alejandro Winograd, chargé de la cession de l’hacienda Moat, nous explique pourquoi il s’agit d’une vente unique. Imaginez une ferme posée tout au bout de l’Amérique, cinq parcelles de 1000 hectares qui seront réservées à des propriétaires fortunés, qui devront aussi s’engager à respecter les lieux. C’est à plus de 3000 kilomètres de la capitale argentine et nous nous y rendons tout de suite, en compagnie de Frédéric Faux…

« La propriété fait trente kilomètres de long sur quatre kilomètres et demi de large. Nous sommes au bord d’une baie qui est abritée du vent, où les marées sont très amples, ce qui était important à l’époque pour échouer les bateaux. Et vers le sud, à 1000 km, vous avez la péninsule antarctique »

Nous sommes avec Alejandro Patino, gérant de l’estancia Moat, au milieu d’un paysage somptueux de montagnes enneigées et de forêts qui descendent jusqu’à la mer. Depuis que la propriété est à la vente, il n’y a plus de bétail, mais toujours un gardien, Martin Soto, abrité dans une petite maison rouge plantée au bout du monde.

« J'ai vu des phoques, des pingouins, juste là / (on entre)/. Mon travail ici c’est de garder la propriété, de dresser les chevaux et de capturer les vaches sauvages au lasso pour avoir de la viande à la ferme. Ca me plaît, je suis tranquille ici, personne ne m’embête. »

Moat est un mythe, où se sont installés les premiers colons de Terre de Feu. Depuis des lustres, aucune propriété n’avait été mise à la vente au bord de ce canal de Beagle. Mais pour s’offrir une petite parcelle de Moat, l’argent ne suffira pas. Alejandro Patino :

« L’estancia a intégré un réseau de réserves naturelles privées, ce qui impose certaines conditions aux futurs propriétaires : il y a un programme de protection de la forêt, le tourisme est encadré, pas de véhicules motorisés… C’est une acquisition pour des gens avec de bons revenus, et une haute conscience environnementale. »

__

Impossible pour l’instant savoir si quelques célébrités se sont laissés tenter, mais on peut avoir une idée du prix - au moins un million de dollars - pour un petit bout de paradis austral.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.