Un reportage de Sébastien Farcis, correspondant de RFI en Inde

__ Rahul Gandhi :

Le parti du Congrès a sorti 140 millions de personnes de la pauvreté. Pour faire avancer l'Inde, nous devons maintenant de créer un partenariat entre les pauvres et les entreprises.

Rahul Gandhi est, à 43 ans la nouvelle voix de l'une des plus anciennes dynasties politiques d'Asie. Le jeune petit-fils d'Indira Gandhi a mené la campagne de son parti, le Congrès, pour les élections législatives. Ce scrutin, qui est le plus grand du monde avec 815 millions d'électeurs, a débuté hier et durera jusqu'au 12 mai.

Mais après 10 ans au pouvoir, ce parti, accusé dans de nombreux scandales de corruption pourrait bien subir une défaite cuisante en faveur de la droite hindouiste.

Les hélices de son bel hélicoptère blanc réveillent le public assommé par la chaleur de l'après-midi, en ce début d'été. Quelques centaines de personnes seulement, de classes populaires, sont venues écouter Rahul Gandhi, à Ghaziabad, en grande banlieue de New Delhi, sur une esplanade qui pourrait en accueillir quatre fois plus.

Nikul Ramjan est un militant au sein du mouvement de la jeunesse du Congrès :

Le parti du Congrès a toujours aidé les pauvres. Rahul Gandhi n'a pas beaucoup d'expérience, mais je sais que dans son cœur, il travaillera pour nous : il veut développer les routes, les infrastructures et l'économie en général.

__

Ce jeune héritier de la dynastie des Gandhi est député depuis 10 ans, même s'il est très peu actif à la Chambre basse. Il a toutefois pris les rênes de cette campagne et a promis, dans la tradition socialiste du Congrès, de créer un nouveau droit à la santé pour les plus pauvres et de protéger les minorités religieuses.

Mais ce nouveau visage peine à faire oublier la corruption généralisée de ces dernières années, comme le décrit Vikas Yadav, un grossiste de fruits :

Ils ont créé beaucoup de bonnes subventions, comme le grand programme pour les agriculteurs, mais il y a tellement de corruption, que l'argent ne nous arrive pas. Les fonctionnaires et les élus se le gardent. Et cela va tuer le Congrès.

__

La coalition sortante, menée par le Congrès, vient d'adopter une loi créant un organe anti-corruption. Mais cela n'est arrivé qu'après la révélation d'énormes scandales impliquant certains ministres et une lutte acharnée de la part de la société civile.

Selon un sondage publié la semaine dernière, 70% des Indiens interrogés se disent insatisfaits par le gouvernement sortant, et les 2/3 seraient prêts à donner une chance à l'opposition de la droite hindouiste du BJP. C'est l'avis de Indranath Chaterjee, étudiant de l'université de Delhi :

Nous ressentons la crise depuis 4 ans, et le gouvernement n'a pas su gérer la hausse générale des prix. Le BJP a déjà dirigé le pays il y a 10 ans, et il a engendré le développement de plusieurs industries, dans le textile ou dans l'informatique Le congrès n'a pas fait cela de manière significative.

Le candidat du BJP pour occuper le poste de premier ministre est Narendra Modi, un dirigeant controversé à cause de son implication supposée dans des pogroms anti-musulmans, mais qui a une réputation de bon administrateur, au bout de 13 ans à la tête de l'Etat industriel du Goujarat.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.