Un questions-réponses réalisé avec Sophie Guesné, en direct de Zagreb, en Croatie

Toutr Eiffel - Union européenne
Toutr Eiffel - Union européenne © y.caradec

Le C onseil européen se tient aujourd'hui à Bruxelles. Rassurez-vous, nous n’allons pas encore vous parler de la crise, mais d’un autre moment très attendu de ce sommet : celui de la signature du traité d’adhésion de la Croatie à l’Union européenne prévue demain. Après des années de négociations, les pays européens ont finalement décidé que la Croatie était prête à intégrer l’Union européenne, et à en devenir ainsi le 28ème membre.

Certes, mais il faudra encore patienter jusqu’au 1er juillet 2013, sauf nouveau retard, pour que cette intégration soit effective. Pour en arriver là, de nombreuses réformes ont du être menées dans l’économie, l’administration ou encore la justice croate. Les négociations avaient démarré en 2005, et depuis plusieurs dates avaient été avancées. Mais cette fois, la fin est proche, en atteste la signature de ce traité prévue pour demain. Un référendum devra toutefois encore être organisé en Croatie, probablement courant février.

- Et le résultat de ce référendum n’est pas si évident

Les derniers sondages font état de 60% de pour et de 40% de contre l’adhésion. Il faut savoir que les sceptiques et les indécis sont très nombreux en Croatie. Plusieurs raisons à cela. Il y a d’abord eu la longueur des négociations, puis les nombreux sacrifices exigés par Bruxelles tout au long de ces années. Les Croates n’ont pas non plus pardonné à l’Europe d’avoir tardé à réagir lors de la guerre contre la Serbie et d’avoir exigé de livrer au Tribunal Pénal International l’un de leur héros national, Ante Gotovina, condamné depuis pour crime contre l’humanité.

Et puis, pour les pays aspirant, l’Europe n’est pas synonyme -en tout cas elle ne l’est plus -de croissance ou de progrès. Les Croates ont constaté que le niveau de vie ou les investissements étrangers n’avaient pas augmenté, ni le chômage diminué dans les nouveaux pays, Bulgarie et Roumanie en tête. Ils ont également peur de perdre leur culture nationale au profit d’une culture européanisée.

__

- La campagne d’informations qui précédera le référendum sera donc déterminante

Absolument. Les Croates manquent d’informations sur l’Union. Ils ne savent pas forcément ce que cela veut dire que l’intégrer ou comment elle fonctionne, ni les bénéfices qu’ils peuvent espérer en tirer individuellement ou collectivement à moyen et long terme, en dépit des coûts à court terme.

Cela dit, que ce soient les partis de la coalition de centre-gauche qui ont remporté ce dimanche les élections législatives ou le HDZ conservateur qui gouvernait jusqu’alors le pays, tous les grands partis soutiennent l’intégration à l’Union Européenne. Et cela devrait immanquablement jouer en faveur du « oui ».

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.