Un reportage de Stéphanie Braquehais, correspondante de RFI à Nairobi, au Kenya

Michael Soi :

C’est une danseuse de strip-tease, et autour vous avez des Chinois qui prennent du bon temps. Ça fait partie d’une série que j’appelle ‘La Chine aime l’Afrique’.__

Michael Soi est peintre à Nairobi, au Kenya, et s’intéresse particulièrement à la vie nocturne dans la capitale kenyane. Il fait partie de la deuxième génération d'artistes au Kenya qui décrivent les turpitudes de la vie urbaine et il travaille souvent avec la toute première agence d'art indépendante qui vient de s'installer au Kenya.

Michael Soi paintings
Michael Soi paintings ©

Le but de cette agence est bien sûr de promouvoir l'art contemporain. Ventes aux enchères, expositions, mise en relation entre les artistes de la région et des clients, sont organisées pour faire émerger un vrai marché de l'art dans la région.

Son atelier est situé à Godown, lieu de création artistique dans la zone industrielle de Nairobi. Michael Soi se tient à la même discipline chaque jour. Il arrive à 7 heures du matin et en repart 12 heures plus tard. Une de ses séries particulièrement populaire s'intitule, « la Chine aime l'Afrique ». Son inspiration provient autant de l'actualité que de la vie réelle.

Je ne suis pas dans une position où je juge. Je ne fais qu'observer et documenter. Je fais beaucoup de recherches. Pour le travail sur les clubs de strip-tease, j'y ai passé beaucoup de temps. Juste à regarder les gens, dépenser de l'argent, m'asseoir avec des filles, les faire boire et les faire parler.

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Son ton provocateur crée parfois des réactions effarouchées dans le pays, mais pas chez Circle Art. Cette agence d'art créée au début de l'année à Nairobi a pour but de mettre en relation les artistes avec les entreprises ou les individus. Circle Art négocie par exemple avec un cabinet d'avocats de la capitale qui souhaite habiller leur nouvel espace de bureaux avec des objets d'art. Et tous les artistes ne sont pas forcément à l'aise pour discuter de l'aspect commercial. Danda Jarolmek :

La plupart des artistes doivent négocier eux-mêmes avec les clients. Certains disent « je n'ai pas envie de devoir parler d'argent, je veux me concentrer sur mon art, je trouve ca honteux, je ne suis pas très bon pour négocier ». Certains ont l'impression de perdre leur âme et de devenir un produit.__

L'agence fournit des conseils, retrace l'histoire de l'art dans la région et offre une biographie des artistes ougandais, éthiopiens, soudanais, ou kenyans.

Les artistes plus jeunes, qui sont surtout urbains, ont tendance à décrire leur environnement et les plus vieux décrivent des scènes plus rurales. Une peinture comme celle-ci, de Joel Oswaggo, peint une femme et son mari en train de boire de la bière locale au moment de la récolte.

Pour encourager les collectionneurs locaux, Circle Art organise des ventes aux enchères, des expositions, afin que la clientèle ne soit pas seulement originaire d'Europe, d'Asie ou des Etats Unis.

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