Les enfants ne comprennent pas pourquoi maman et papa ne sont pas là. Nous sommes un vraie famille, on veut être ensemble, c’est pas naturel pour une famille d’être divisée comme ça…

C'est le cri de désespoir d’une jeune mère adoptive, Jennefer Boyer. Cette maman de nationalité américaine est l’une des 1300 familles dont l’adoption est bloquée depuis deux ans.

Car voilà deux ans que 1300 enfants congolais adoptés légalement sont sous le coup d’une interdiction de quitter le territoire congolais, depuis que le pays a décidé de geler les sorties des enfants adoptés en septembre 2013. Un imbroglio administratif qui vire au cauchemar. Trois-cents couples français mais aussi des belges, des américains et des italiens vivent chaque jour dans l’angoisse et l’espoir que la situation se débloque enfin.

A Kinshasa, Léa-Lisa Westerhoff, correspondante de RFI , a rencontré certaines de ces familles.

Dans l’appartement qu’elle loue à Kinshasa,Jennifer occupe comme elle peut ses deux garçons congolais Luc et André, trois et six ans.Voilà six mois qu'elle a tout plaqué pour vivre près de ses fils adoptifs interdit de quitter le Congo . Mais son mari, lui, est toujours à 13 000 km de là, aux États-Unis, bloqué par son travail et avec leur deux filles biologiques. Une famille déchirée et une situation particulièrement inconfortable, kafkaïenne même, pour la jeune maman,Jennifer Boyer .

Difficile en effet…

Et même si Jennifer fait partie des familles plutôt chanceuses car elle vit avec ses fils.

Un rêve inaccessible pour les quelque 300 familles françaises. Paris les découragent de venir au Congo tant qu’il y a blocage. Aucune n’a pu rencontrer son fils ou sa fille…

Des centaines d’enfants attendent donc dans des orphelinats débordés que leurs parents viennent un jour les chercher. Joseph Kayembe , responsable d’un orphelinat de la capitale, lui-même, en convient : la situation est intenable.

Du côté des autorités congolaises, on assume ce blocage.

En cause, des suspicions de trafic d’enfant, des faux agréments d’adoption qui auraient été émis par des juges véreux comme l’expliqueKin Key Mulumba , l’un des porte-parole du gouvernement.

Depuis mai une commission interministérielle a promis d’examiner chacun des 1300 dossiers en attente. Sans résultat pour le moment...

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