(Un reportage de notre correspondante à Rome, Anaïs Feuga)

Les déplacements quotidiens, un véritable cauchemar pour les Italiens. Dans ce pays où la voiture est toute puissante, aller au travail ou en vacances devient une vraie course d’obstacles, qui interroge aussi le pays sur sa capacité à investir dans de véritables infrastructures.

Avec l’Allemagne, l’Italie est sans conteste en Europe le pays des voitures. Enzo Ferrari a marqué à jamais la Péninsule, mais aussi les marques Mazeratti , Lamborghini , Alfa Romeo , Fiat , Lancia , sans compter les innombrables vespas immortalisées par Audrey Hepburn et Gregory Peck dans Vacances romaines . «La préférence pour le déplacement privé sur pneu semble culturel » souligne Eurispes dans son rapport annuel sur l’état de l’Italie. Qui avance des chiffres : la vitesse moyenne actuelle dans les grands centres urbains italiens est proche de celle de la fin du 18e siècle, environ 15 km/h, et elle descend même à 7 ou 8 km/h à l’heure de pointe à Milan et Rome, deux des dix villes européennes les plus embouteillées. Gian Maria Fara est le directeur d’Eurispes qui depuis 30 ans, passe au crible les habitudes et les évolutions de la société italienne.

Gian Maria Fara, directeur d’Eurispes :

Nous sommes 60 millions d’habitants, et en Italie, circulent près de 40 millions de véhicules. Même les nouveau-nés ont une voiture, dans ce pays !! Parce que le système de transport public ne fonctionne pas. Moi aussi je fais la navette tous les jours, mais je suis obligé de prendre la voiture. Bien qu’il y ait une ligne ferroviaire, s’imaginer prendre CE train tous les matins, c’est se condamner à se sentir mal. Les horaires sont larges, les trains sont peu fréquents, ils sont très vieux, sales… Invivables, en fait !__

A Rome, il n’existe que trois lignes de métro, dont deux seulement sont connectées entre elles. Alors que Madrid ou Paris en ont une quinzaine. Moins de 70 stations de métro à Rome, contre plus de 300 à Paris. Bref, dans les villes italiennes, le transport public est presque exclusivement assuré par des bus.

Gian Maria Fara, directeur d’Eurispes :

Le vrai problème, c’est que ce pays n’a jamais appris à prendre des décisions en partant d’une analyse sérieuse des coûts et des bénéfices. Si quelqu’un calculait les bénéfices que rapporterait un vrai système de mobilité sérieux, propre, rapide, on éviterait le gâchis de millions de litres d’essence ou de gasoil. Les centaines de milliers de voitures qui circulent tous les jours.__

Avec ce paradoxe, là aussi, italien : s’ajoute à cet usage massif de la voiture, des infrastructures routières trop peu nombreuses et en mauvais état et également un manque d’aires de stationnement.

Ferrari Paris
Ferrari Paris © Cobra bubbles/creative commons
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.