Reportage d', envoyée spéciale permanente de Radio France à Rome, Italie

L’Italie nous met l’eau à la bouche ce matin, avec le fromage de Michel Ange enfin localisé ! Les initiatives culinaires, ou sur le thème du « bien manger » se multiplient, portées par l’Expo universelle de Milan dont le thème est « nourrir la planète ». Les géologues de l’université d’Urbino, viennent de découvrir où était produite la fameuse « casciotta ». L'artiste qui a peint la chapelle Sixtine, se faisait livrer ce fromage de brebis si particulier.

casciotta d'urbino
casciotta d'urbino © sardegnareporter.it

C’est un long travail d’enquête qu’a mené Rodolfo Cuccioni. Ce professeur de paléontologie a épluché des documents historiques. En particulier, la correspondance échangée entre Michel Ange et la femme d’un de ses collaborateurs. Cette dernière s’efforçant de faire parvenir à l’artiste à Rome la fameuse Casciotta. Produite, là encore, le géologue a retrouvé un acte notarié de 1554, sur des terrains à Casteldurante, aujourd’hui Urbania. Rodolfo Cuccioni est donc parti voir sur place.

Rodolfo Cuccioni, ce professeur de paléontologie :

Les toponymes sont restés identiques, et donc, j’ai pris une bonne carte, et je suis allé me promener en observant le paysage. Car ces terrains doivent être spécifiques pour produire le fromage. Le fromage a besoin de terrains un peu en pente, et secs, pas humides. D’un point de vue géologique, ça ne peut pas être une argile. Sur une argile, l’herbe ne sera jamais bonne pour les brebis pour faire un bon fromage. Parce que si l’herbe est humide, elle fermente ; les brebis ont mal au ventre et ne produisent pas du bon lait. On peut aller sur ces terrains, fermer les yeux, et imaginer les brebis de Michel Ange, qui produisaient le lait pour son fromage. Et aujourd’hui, elles sont encore là !__

Avec cette histoire, Rodolfo Cuccioni espère donner envie à ses étudiants de faire des recherches, pour découvrir et raconter les terroirs et leurs trésors culinaires. C’est le but d’un cours tout particulier, unique au monde, qui va être lancé en septembre, à l’université d’Urbino, au département des sciences de la terre, mêlant la géologie et le goût, pour former des ambassadeurs du bien-être, comme l’explique Giuseppe Crisitini, spécialisé dans la gastronomie.

Giuseppe Crisitini, spécialisé dans la gastronomie :

Dans ce cours, nous parlerons d’une culture de la beauté. En Italie, on a 65% du patrimoine artistique de l’Unesco, mais aussi un nombre de produits d’appellation d’origine contrôlée parmi les plus importants en Europe. Eh bien il nous faut le faire savoir à l’étranger. Je crois que les bons produits naissent dans des beaux endroits. Il faut donc sauvegarder les bons produits, ainsi nous sauvegarderons notre territoire. Une truffe, par exemple, si elle se trouve dans un territoire pollué, elle ne peut pas pousser. C’est un indicateur écologique.__

L’université d’Urbino assure que ces « Conteurs du goût et de la culture » auront d’amples débouchés. Dans un contexte de crise économique, le secteur agroalimentaire qui représente 14% du PIB italien est en croissance constante depuis quelques années, tout comme le tourisme gastronomique.

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