Je ne comprends pas, je travaille de la même façon, mes clients ont mon numéro de téléphone. Ils peuvent m’appeler quand ils veulent et je viens de les chercher

Nous sommes au Caire, et vous venez d’entendre Ali, un chauffeur de taxi qui a 30 ans de métier au compteur. Il est un peu déboussolé par le succès des applications qui offrent des services de transport aux particuliers. Il n'est pas le seul, en Egypte, la colère des taxis cairotes est tout aussi grande que celle de leurs collègues parisiens. A 3 200 km de distance, les raisons de la crispation sont parfaitement identiques. Elles portent un nom à quatre lettres déjà mondialement connu : UBER.

En fonction depuis un peu plus d’un an seulement, la compagnie californienne enregistre son meilleur taux de croissance dans la capitale égyptienne. Le nombre de chauffeur a sextuplé entre mai et novembre 2015.

Au Caire, le reportage de François Hume Ferkatadji

Le cairotes empruntent majoritairement le bus, le microbus ou le métro. Mais la ville aux mille minarets est aussi celle aux 100 000 taxis. 10 fois plus qu’à Paris. Le succès d’Uber commence à créer un début de panique dans la profession,. Ahmed Alaa s’insurge contre le manque d’égalité entre les deux systèmes

Bien sûr ce n’est pas bon pour nous, aujourd’hui les clients utilisent ça, mais ils ne savent pas que nous payons des frais. Là c’est le début de l’année nous devons payer pour une nouvelle assurance, renouveler la licence. Et il y a de moins en moins de clients, uber : ce ne sont pas vraiment des taxis.

La licence coûte 7 000 euros et le travail administratif est considérable pour obtenir les autorisations requises… les taxis sont en colère mais le succès d’Uber n’est pas dû au hasard. Voiture plus propre, plus classe, plus confortable, le tout pour une course quasiment au même prix. Zyed a 16 ans et depuis qu’il a découvert l’application et son paiement automatisé il y a 6 mois, il ne s’en passe plus

Les chauffeurs de taxi c’est au petit bonheur la chance, des fois ce sont des types très bien mais d’autres fois ils conduisent mal, ont la tête en l’air. Et puis il y a toujours des problèmes d’argent, ils n’ont pas de monnaie, ce sont des négociations interminables. Je ne m’embête plus, j’utilise Uber. Les chauffeurs Uber sont plus sympathiques, il n’y a pas besoin de trop parler. c’est agréable… le chauffeurs vous laisse écouter ce que vous voulez.

Implanté au Caire, mais aussi à Alexandrie. Uber a investi 250 millions d’euros au Moyen-Orient. (Les chauffeurs de taxi ont lancé une campagne de protestation en ligne et se sont rassemblés brièvement bravant l’interdiction de manifester en Egypte) Uber et sa cousine Kareem se disent prêt à se plier à une nouvelle réglementation plus contraignante comme c’est le cas à Dubaï.

Des voitures au Caire, 27 mai 2015.
Des voitures au Caire, 27 mai 2015. © REUTERS/Asmaa Waguih
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