Le reportage de Leïla Berrato, à El Tarf, en Algérie

Un habitant d'El Tarf :

Si seulement on pouvait faire le plein comme avant. On ne demande pas à avoir des réserves pour 3-4 jours, mais là, 400 dinars ca suffit juste pour arriver à Annaba.

Pompe à essence
Pompe à essence © Radio France

En Algérie, dans la région d’El Kala, où depuis le mois de juin, la population est soumise à des restrictions d’approvisionnement en carburant. Car les autorités veulent lutter contre le trafic d’essence avec la Tunisie voisine.

En Algérie, pays producteur de pétrole, l’essence coûte près de 4 fois moins cher qu’en Tunisie et certains en ont fait un véritable business.

Un gérant de station service :

Il y a la marque du véhicule, l’immatriculation, l’horaire et la quantité de litres livrée. Le registre est mis à la disposition des services de sécurité, ils viennent le récupérer, ils font des photocopies, et ils l’exploitent à leur manière.

Savoir qui achète de l’essence, à quel moment et combien de fois par jour, c’est la nouvelle mission des stations services. Une mission imposée par les autorités locales et qui n’est pas du goût des gérants.

Un gérant de station service :

Enregistrer, cela nécessite au minimum un budget de 150 000 DA au niveau des stations services. Et puis, cela sort de nos prérogatives, nous ne sommes pas assermentés pour mener ce genre de travail.

Dans les stations services, les professionnels sont unanimes : ces mesures ne sont pas efficaces contre la contrebande.

Mais le secrétaire général du préfet n’est pas de cet avis.

La lutte contre ce phénomène nous a permis d’arriver à l’éradiquer à hauteur de plus de 50% depuis la prise de mesures. Cela nous a permis de constater que les longues files de voitures au niveau des stations services ont quasiment disparues, que la disponibilité du carburant est quasi-permanente et nous avons eu échos de la population à travers la radio locale qui a exprimé sa satisfaction dans les résultats de cette lutte.

A la sortie de la ville, il y a du monde qui attend pour prendre de l’essence. Les plaques d’immatriculation sont surtout tunisiennes et malgré les mesures, ce jeune homme continue à traverser la frontière pour remplir son réservoir.

Un Tunisien:

C’est évident ! En Tunisie, c’est 12 dinars, c’est 5 fois plus cher, alors on achète ici. En Tunisie, c’est 12 dinars tunisiens. Il y a des gens qui achètent du gasoil pour le travail, d’autres pour se balader en Algérie et il y en a qui ont d’autres intérêts.

Dans la ville d’El Tarf, les habitants assurent que les mesures des autorités ont réduit la présence des contrebandiers. Mais la conséquence, c’est qu’ils se sont déplacés dans la région voisine. C’est désormais à Annaba que les files d’attente se rallongent.

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