Un reportage d'Yves-Laurent Goma à Libreville.

Le reportage de ce matin nous conduit à Libreville, la capitale du Gabon , ancienne colonie française et petit émirat pétrolier sous les tropiques.

La société d’Etat des transports publics a mis en service des taxis à compteur pour limiter la pénurie des transports urbains. Mais dans ce pays où depuis l’indépendance, en 1960, le client négocie son prix avant de monter dans le taxi, l’expérience du compteur fait peur.

Sous un soleil accablant, plusieurs Librevillois sont massés sur le trottoir d’une avenue. Ils attendent désespérément un bus ou un taxi pour rentrer à la maison. Quelques taxis compteurs vides passent par là, mais personne n’ose lever le petit doigt.

Des passants expliquent :

- Je ne suis même pas tenté de le prendre, car je n’ai pas les moyens pour ça!

- Nous les pauvres, on connait pas le taxi!

- Ils roulent en fonction du compteur… là où un trajet pourrait coûter 100 francs, ça en coûte 300!

- Si j’arrive à destination, que je leur doit 2 500 francs et que j’ai pas les 2 500 francs, qu’est-ce que je fais ?

- Les routes ne sont pas bien faites, il y a des embouteillages, ce n’est pas la peine...

Les taxis à compteur circulent depuis 4 mois à Libreville, mais beaucoup les observent comme une curiosité venue d’une autre planète. En fait, ils ont peur pour leurs poches. Avec un salaire minimum plafonné à 150 euros, les Gabonais ne sont pas nombreux à s’offrir le luxe de ces taxis climatisés, propres, avec des chauffeurs habillés comme des pilotes d’avion.

Libreville, Congo
Libreville, Congo ©

François a vécu en Europe, il préfère les taxis compteurs :

Avec le soleil qu’il fait, payer 3 000 francs ce n’est pas trop cher, le confort, l’air conditionné, ce que les autres transports n’ont pas, vous êtes, seul, vous êtes à l’aise.

Le patron de la compagnie est satisfait du succès de son produit :

Nous sommes saturés, parce que les demandes sont bien plus importantes, aujourd’hui nous sommes une référence au niveau continental.

Pour une phase expérimentale, la SOGATRA a mis en circulation 100 taxis. La direction songe déjà augmenter l’offre.

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