C’est un feuilleton qui ne fait que moyennement rire les Belges et dont les autorités auraient bien fait l’économie en période d’alerte maximum anti-terroriste.

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Tout commence par une stupéfiante bévue. Sans doute un peu trop fière de ses compétences, la Régie fédérale des Bâtiments de l’État belge publie sur son site les photographies et les plans complets, étage par étage, de la plupart des immeubles publics gérés par ses services.

Parlement européen Bruxelles
Parlement européen Bruxelles ©

Dans un premier temps, il aura fallu plusieurs jours, avant que l’on s’aperçoive que n’importe qui pouvait, par ce biais, prendre connaissance du moindre recoin ou placard à balais de toutes les prisons du royaume. Les plans de celles-ci ont donc été précipitamment retirés, mais ils continuent toujours à circuler sur les réseaux sociaux.

Ensuite, des inconnus sont entrés nuitamment dans le Palais de la Nation, immeuble qui abrite les deux chambres du Parlement fédéral à Bruxelles. Ils se sont promenés dans les locaux de la chambre basse, et sont repartis sans être détectés ni identifiés. Leur passage a été avéré dans nombre de bureaux et de salles de réunion, et, en particulier, à l’atelier de serrurerie, d’où l’on a emporté des jeux de clefs, des ébauches, et des passe-partout. En dehors de cela, seules deux bouteilles de vin ont été dérobées.

Étant donné que ces visiteurs anonymes ont pris l’habitude de se déplacer une fois par mois dans les emprises du Palais de la Nation, les responsables de la sécurité du Parlement sont sur les dents. Il faut dire que, par tradition, ce sont des policiers militaires qui en sont chargés, eux qui sont davantage habitués à séparer des soldats avinés et bagarreurs dans les bistrots des villes de garnison. Le général qui les commande n’en mène pas large, et n’est pas loin de penser que les intrus sont à la recherche des meilleurs endroits pour poser des micros.

Mais voilà : depuis des années, l’amélioration de la sécurité du bâtiment commun fait l’objet d’un bras-de-fer entre la chambre basse et le Sénat, du coup, rien ne se fait – sauf l’obligation pour les élus de porter des cartes à puce.

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