Il est nécessaire que Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, se soucie des problèmes liés à Facebook dans notre pays parce qu’ils apparaissent les uns après les autres

Nous sommes dans un tribunal à Rangoon en Birmanie et vous venez d’entendre l’avocat d’un jeune Birman accusé d’avoir mis en ligne sur Facebook des montages photographiques insultant envers le chef de l’armée. Ici vous l’entendez les ordinateurs sont encore très rares, on tape encore à la machine, mais la justice s’en prend aux utilisateurs de Facebook. Malgré l'ouverture du régime, le réseau social peut encore mener en prison et, depuis six mois, au moins neuf personnes ont été condamnées à des peines de prison, jusqu’à deux ans ferme. Un reportage de Rémy Favre. Il y a erreur de personne, voilà la défense de Hla Phone, un jeune Birman accusé d’avoir mis en ligne sur Facebook des montages photographiques insultant envers le chef de l’armée. Il est incarcéré depuis début février.

J’ai sauvegardé sur mon ordinateur des plaisanteries mises en ligne par Kya Phar Gyi … J’ai aussi sauvegardé sur mon téléphone portable des captures d’écran d’informations mises en ligne par Kya Phar Gyi. La police a mis en avant ces preuves et elle dit que je suis Kya Phar Gyi, les policiers m’ont demandé d’avouer ‘’avoue, avoue’’ mais je n’ai pas avoué car je ne suis pas cet homme.

Dans un autre procès, un travailleur humanitaire a été condamné à six mois de prison pour avoir partagé sur Facebook une photo montrant un homme en train de piétiner le portrait du chef de l’armée. May Sabe Phyu, son épouse, dénonce la stratégie des militaires.

Ils utilisent mon mari comme un exemple. Ils disent : ‘’si vous osez critiquer l’armée, c’est ainsi que nous répondrons’’. Ils envoient un message pour dire qu’ils n’ont aucune tolérance.

Vani Sathisan suit ces procès. Elle travaille pour la Commission internationale des juristes, et elle dénonce des lois très vagues qui criminalisent la diffamation en Birmanie.

Je crois qu’il est très important de ne pas laisser le gouvernement faire de Facebook le bouc émissaire dans ces procès. Il est très important que ces lois soit amendées en profondeur et abolies - est-ce que Facebook devrait mettre en garde ses utilisateurs birmans ? - ça ne peut pas faire de mal.

La société Facebook n’a pas répondu aux questions que nous lui avons posées.

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