Un reportage de Joana Hostein, dans la préfecture d’Ishinomaki, au nord-est du Japon

Fukushima
Fukushima © Gonzalo Déniz

Le 11 mars dernier, à 14H46 heure du Japon, les habitants du Honshu, ressentaient les premières secousses d’un tremblement de terre d’une amplitude de 9 sur l’échelle de Richter. Quelques minutes plus tard, un tsunami dont les vagues ont atteint jusqu’à 30 mètres de haut, a ravagé près de 600 kilomètres de côte.

Joana Hostein s’est rendue dans la préfecture d’Ishinomaki, au nord-est du Japon, frappée de plein fouet par le tsunami. Neuf mois plus tard, le paysage de désolation n’a guère changé.

Nous sommes à Onagawa. Avant le tsunami du 11 mars dernier, c’était une prospère ville portuaire. Quelques 11.000 personnes y résidaient. Aujourd’hui, il ne reste plus rien du centre-ville. Une alarme retentit : c’est un simple exercice d’évacuation. Un immeuble de trois étages qui a été arraché de ses fondations et projeté quinze mètres plus loin, est toujours posé au même endroit. Quelques mètres plus loin, c’est un ballet de pelleteuses qui ramassent les tonnes de débris qui jonchent encore le sol. Il faudra, nous dit-on, vingt ans pour tout ramasser. Yoshihide Abé, 43 ans, livreur de journaux, a du mal à revenir ici. Autrefois, sa maison et son bureau se trouvaient là. Mais contrairement à la majorité de la population, il a décidé de ne pas quitter la région.

Yoshihide Abe : «Je ne veux pas regarder en arrière, je veux aller de l’avant. Je n’en veux à personne, je veux juste que ma vie reprenne. J’ai un travail ici et j’ai su très vite que je pourrai recommencer à distribuer mes journaux, et quand je vois tous mes amis essayer de reconstruire, je ne peux pas partir, je dois rester »

Dans toute la préfecture d’Ishinomaki, la vie tourne au ralenti. Seul 10 % des bars et restaurants ont rouvert leurs portes.

Yoshihisa Nishikawa, le directeur du journal local, nous montre un bâtiment. Cela, explique-t-il, c’était un centre d’évacuation en cas de tremblement de terre. Soixante personnes sont venues s’y réfugier, mais aucune n’a survécu. La mairie a donc l’intention de raser ce qu’il reste de la bâtisse pour y construire une zone industrielle. Mais cela ne va être facile.

Yoshihisa Nishikawa : « Le problème le plus sérieux, c’est que le sol s’est affaissé, et c’est donc difficile de construire quoi que ce soit. Il a été question de construire des entreprises et des usines, de faire des alentours en zone industrielle, mais cela va être très coûteux, parce qu’il va falloir rehausser le niveau du sol »

Mais le plus dur, ajoute-t-il, sera de redonner vie à ce paysage où tout rappelle brutalement la dévastation et la mort.

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