Un reportage signé Olivier Bonamici, à Lisbonne, au Portugal

Jean-Pierre : « Mon appartement est dans un quartier est en train de changer. Avant c'était une zone abandonnée. Aujourd’hui, c'est peut-être l'endroit de Lisbonne qui a le plus gros potentiel »

Jean-Pierre est un Français qui explique ici à son architecte portugais pourquoi il a décidé d’acheter à un appartement à Lisbonne. Comme de nombreux européens, il a investi dans l’immobilier au Portugal, profitant de la chute des prix du logement liée à la récession prolongée dans laquelle se trouve le pays, dont le PIB a encore chuté ce troisième trimestre de 2012, de 0,8%.

Jean-Pierre surveille les travaux de son nouvel appartement situé en plein cœur de Lisbonne, dans le quartier historique de Mouraria. Ce Français de 50 ans s'installe au Portugal et vient d'acheter un atelier qu'il va transformer en triplex. 150m² pour un coût total de 300 000 euros. A ce prix-là, difficile de s'offrir un tel luxe en France.

Jean-Pierre : « Ici, il y a encore de l’imagination, il y a encore des choses à faire, il y a encore beaucoup de choses à créer. Dans le quartier historique en France, tout est déjà fait. Ici, c’est encore un peu les années 1960 par rapport à la France. »__

Jean-Pierre peut réaliser son rêve car le prix des logements a fortement chuté : de 10% à 20% en moyenne ces dernières années. Et l'offre ne manque pas. Le nombre de saisies immobilières est en forte augmentation, car les Portugais ont de plus en plus de mal à payer leurs crédits. Les promoteurs immobiliers aussi ont souvent la corde à cou. C'est exactement ce qui s'est passé pour le logement de Jean-Pierre.

Jean-Pierre : « On a affaire plus à des entrepreneurs qui ont acheté des biens avant la crise et qui se retrouvent coincés avec les banques qui ne peuvent plus maintenant leur donner accès au crédit. Avant, c’était le robinet qui était ouvert à volonté et qui leur donnait la possibilité de faire tout ce qu’ils voulaient. »__

Les promoteurs et les banques qui ont un stock important de logements à écouler, se tournent de plus en plus vers des clients solvables, autrement dit des Européens moins frappés par la crise économique. C'est ce qu'a bien compris l'agence immobilière Maison au Portugal, qui a ouvert sur Internet un site en langue française et cela marche très bien. Leurs clients sont Français, Belges et Suisses.

Pascal Gonçalves, le directeur de cette entreprise, nous explique les raisons de ce succès.

Pascal Gonçalves : « En Espagne, oui il y a eu une bulle immobilière et ça a explosé. Au Portugal, les prix n’ont pratiquement pas monté sur ces dix dernières années, et donc on est à un niveau de prix historiquement bas. Quand on regarde le prix/m² dans le centre de Lisbonne, on est à un peu moins de 3.000 euros/m² pour quelque chose de réhabilité dans les règles de l’art, avec ascenseur, dans un immeuble du XVIIIème siècle. Et en plus, le coût de la vie est minimum deux fois moins cher. Donc on a beaucoup de gens qui ont 50 ans, qui font un investissement car ils veulent en profiter pendant leur retraite vu que le climat est agréable. »

C'est là tout le paradoxe : certains sont attirés par le soleil du Portugal, quand la réalité pour les Portugais est beaucoup sombre. Leurs préoccupations sont ailleurs : les impôts augmentent et les salaires baissent.

Mais cette arrivée en masse de voisins européens plus aisés n'est pas faite pour leur déplaire. Au moins, disent les Portugais, grâce à eux, nos immeubles ne vont pas tomber en ruine.

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