Bonjour tout le monde ! Nous sommes heureux de vous avoir avec nous, en particulier en ce moment etant donné ce qu’il se passe au Moyen-Orient et dans le Sinaï en Egypte. Merci d’être venus.

Nous sommes dans le Sinaï et vous venez d’entendre Farag Abu Musaellem, le chef de la tribu bédouine Tarabin et l'un des organisateurs de "Sinaï is safe". Pour la troisième fois cette année, il a organisé avec un ami britannique un grand trek à destination des égyptiens du Caire et des étrangers, souvent effrayés à l'idée de venir dans le Sinaï. Pendant plusieurs jours, une centaine de marcheurs vont découvrir une région époustouflante et se poser des questions sur les mesures de sécurité et leurs conséquences parfois tragiques sur les populations locales.

La région montagneuse du Sud-Sinaï souffre énormément du conflit larvé qui oppose, au Nord, les djihadistes à l’armée égyptienne. L’attentat contre un avion russe cet automne ainsi que la fusillade d’un bus de touristes près de Gizeh a relancé les inquiétudes concernant la sécurité en Egypte. Un reportage de François Hume-Ferkatadji.

A côté de ce dromadaire qui se délecte des branches épineuses de balanites, Nora, une égyptienne de 23 ans est plus inquiète pour son prochain voyage à Paris que par son trek de deux jours dans une zone considérée comme très dangereuse

Lorsque les gens vont se rendre compte que je parle arabe, ou que j’ai avec moi un passeport arabe, je me demande s’ils vont me faire des commentaires, ou être intimidés… tout ça pourrait créer une atmosphère bizarre, gênante…. J’ai aussi peur d’être moi-même la cible d’une attaque terroriste, en fait je suis doublement inquiète.

La géographie des peurs, l’estimation du danger…. Des questions que Ben Hoffler souhaite soulever à travers « Sinaï is safe ». Ce Britannique habite la région depuis 5 ans.

Sinaï is safe, c’est la volonté d’ouvrir un débat sur la sécurité, sur les différences régionales qui peuvent exister dans le Sinaï, et tenter de comprendre pourquoi le Nord ce n’est pas le Sud. Ici dans le Sud, les Bédouins ont tout un tas de techniques pour garder le territoire en sécurité, ils gardent un oeil les montagnes. Ils n’ont aucun discours extrémistes, et n’ont jamais été en relations avec ces groupes.

Dans le Sinaï, à la frontière israélo-égyptienne
Dans le Sinaï, à la frontière israélo-égyptienne © REUTERS/Ronen Zvulun / REUTERS/Ronen Zvulun

Jamais depuis 30 ans les montagnes du Sud-Sinaï n’ont été la cible d’attentat . Si les insurgés djihadistes attaquent régulièrement l’armée ou la police égyptienne, cela se passe ds le Nord de la péninsule, une zone frontalière qui correspond à 6 ™ du territoire.

Alors à plus de 500 km de là, Mahmoud guide et membre de la tribu jalabin se demande pourquoi en 5 ans, il a presque tout perdu.

C’est fini, plus personne ne vient, les gens ont peur, ils ne connaissent pas le Sinaï, bien sûr ils ne viennent pas parce qu’ils entendent à la télé que le Sinaï est dangereux, je comprend cela et ne font pas la différence entre le Nord et le Sud. Mais le Sinaï c’est grand.

Malgré la désertion des touristes, les bédouins continuent de travailler à la recherche de nouveaux sentier dans l’espoir de jour meilleur…. Et ce soir pour fêter la présence des marcheurs, ils joueront et chanteront jusque tard dans la nuit….

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