« Au Chili, l’année dernière, les exportations de cuivre ont représenté 48 % du total des exportations du pays. Donc la baisse du cours mondial du cuivre nous rend de toute façon plus pauvre. »

Nous sommes au Chili, et vous venez d’entendre l’économiste Tomas Fabres. En effet, le Chili qui est le premier producteur de cuivre du monde, dépend grandement de ce minerai. Or, en un an et ce depuis le ralentissement de la croissance chinoise, le métal rouge a perdu 24% de sa valeur. Ce qui a poussé les entreprises du secteur à stopper net leurs projets ou tout du moins à mettre un frein à leurs investissements. Des conséquences graves pour la croissance chilienne comme continue de nous l’expliquer Tomas Fabres.

mine Chili
mine Chili © corbis

« Cette baisse d’investissements veut dire pour nous une baisse de la croissance. Qui plus est, la chute des cours du cuivre nous a aussi rendu plus pauvre face au reste du monde, car notre monnaie s’est dévaluée. Un dollar correspondait il y a encore un an et demi à 500 pesos, aujourd’hui il correspond à 700 pesos. Donc tous les biens importés sont devenus plus chers pour nous. »

Ramiro Galeano explique la cause de cette dévaluation. Il travaille pour ForexChile, une agence de conseils en investissements financiers.

« La chute des cours du cuivre signifie moins de dollars qui entrent au Chili, car on nous achète le cuivre avec des dollars. Comme il y a moins de dollars qui entrent dans le pays, le peso chilien perd de la valeur face au dollar, ce qui veut dire plus d’inflation dans le pays. »

Moins de pouvoir d’achat, une consommation en baisse, une économie au ralentie. Mais jusqu’ici un chômage bas, qui se maintient à 6,5 %. Jorge Cantallopts est un des directeurs de Cochilco, organisme public spécialiste de l’industrie minière.

« La mine au Chili n’est pas une activité qui crée beaucoup d’emplois. On estime qu’elle emploie en tout 220 à 240 000 travailleurs. Et que peut-être 10 000 travailleurs ont été licenciés depuis la chute des prix. »

L’économie du cuivre représente 10 % des ressources budgétaires. La baisse du prix du cuivre veut donc dire moins d’argent dans les caisses de l’Etat. Un problème pour la présidente socialiste Michelle Bachelet qui a promis une série de réformes coûteuses.

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