Un reportage de Régis Genté, dans le Haut Karabagh

Haut Karabagh
Haut Karabagh © Intrepid wanderer

Movses Hagopian, ministre la Défense : « C ombien nous avons de soldats ? C’est un secret. Le plus important, c’est que selon la logique du Karabagh, nous avons 140.000 soldats, soit l’ensemble de la population »

Movses Hagopian, le ministre de la Défense du Haut-Karabagh, petite république caucasienne, nous le dit : toute la société karabaghtsie est mobilisée pour défendre son indépendance ou son rattachement à l’Arménie.

A l’époque soviétique, le Karabagh faisait partie de l’Azerbaïdjan. Mais peuplée aux trois quarts d’Arméniens, cette province avait autoproclamé son indépendance en 1991, provoquant un conflit qui devait durer 3 ans et faire 30.000 morts.

17 ans après le cessez-le feu, les esprits sont toujours en guerre.

Le NVP, un cours d’instruction militaire hérité de l’URSS, est toujours dispensé dans les écoles du Haut-Karabagh.

Une heure hebdomadaire pour les classes allant de la 4ème à la Première. On y apprend l’organisation militaire, les types d’armes et des rudiments du système politique de la république.

Une élève : « Suite à l’écroulement de l’union soviétique, en 1992, le 28 février, l’armée nationale d’Arménie a été créée.

Un professeur : « Il s’est trompé de mois. Oui, toi, lève–toi! Présente-toi ! »

Un élève : « Elève Gasparyan, le 28 janvier »

Un professeur : « Le 28 janvier, assieds-toi. On continue »

Dans ces cours, les jeunes Karabaghtsis apprennent même à manier les armes, à démonter une Kalachnikov AKM, par exemple.

Un élève militaire : « On enlève la culasse. Broche. Boîte à pièces. Soupape de la culasse. Mécanisme du renvoi »

Pour comprendre cette obsession sécuritaire, il faut se rendre sur la ligne de contact, qui domine la plaine désertique de l’Azerbaïdjan. Il y aurait jusqu’à quatre lignes de défense. Sur la première, où l’ennemi est à portée de vue, on circule dans des tranchées, où des boîtes de conserves sont accrochées à un fil de fer afin de signaler toute intrusion.

Tous les 300 à 400 mètres, sur plusieurs centaines de kilomètres, les forces karabaghtsies ont installé des postes de garde.

Au fil des ans, depuis le cessez-le feu de 1994, les Azerbaïdjanais se seraient rapprochés. C’est ce qu’explique Garik, chef de la position 134.

Garik, chef de position 134 : « En cas d’attaque de l’ennemi, on ouvre cette meurtrière et on peut déjà ouvrir le feu. Regardez ! Vous voyez ? Juste en face, les sacs de sables : ce sont eux ! »

Avec des forces ennemies si proches les unes des autres, personne ne peut garantir que la guerre n’éclatera pas à nouveau, même si personne ne semble y avoir intérêt en ce moment.

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