La capitale de l’Italie va connaitre de nouvelles élections. Le maire Ignazio Marino a annoncé sa démission jeudi dernier. C’est un scandale de frais de bouche qui l’a précipité vers la sortie, mais il était très affaibli depuis des mois, accusé de mal gérer la Ville.

Rome souffre de problèmes de transports et de propreté, mais certains citoyens romains refusent d’assister impuissants à la dégradation de leur ville. Ainsi des bénévoles de plus en plus nombreux prennent leurs balais et leurs kits anti tags pour nettoyer leur ville. Ils ont même reçu cet été le soutien de quelques people.

Ils sont une trentaine ce matin là, à l’œuvre dans un quartier commerçant en dehors du centre historique.

Fabrizio est en sueur. Il frotte, et essaie tant bien que mal d’enlever les tags sur un mur:

C’est le mur de la fatigue! Je peste contre les Romains: ils passent et ils disent "Bravo c’est bien ce que vous faites"… et puis ils repartent. C’est une goutte d’eau dans l’ocean, parce que les problèmes vont bien au-delà: les arbres qui tombent sur la chaussée, qui tuent les gens à scooter, les rues sales et pleines de trous…

Un bénévole de Retake Roma nettoie un mur
Un bénévole de Retake Roma nettoie un mur © / Mathilde Imberty

Ils sont tous volontaires de l’association Retake Roma (Reprendre Rome). Elle connaît un boom depuis cet été reconnait Virginia , depuis que le New York Times le premier a fait sa Une sur la dégradation de la Ville Eternelle:

Cette Une du New York Times qui disait que Rome était dégoutante a provoqué un sursaut d’orgueil chez certains Romains. Ils ont voulu travailler plus pour leur ville. L'association grossit de manière exponentielle. En ce moment on organise 20 à 30 opérations par semaine.

Dans le sillage de Retake Roma, des people comme l’acteur Alessandro Gassman le fils de Vittorio Gassmann ont pris eux même le balai pour nettoyer leur quartier. Alors à qui la faute? A l’AMA, la régie communale qui gère les déchets? Une volontaire raconte qu’elle ne sait pas quel jour ils passent dans sa rue, qu’il n’y a aucun contrôle.

Marco reconnaît que Rome n’est pas aidée de ce côté-là:

Oui, il y a les défaillances de l’administration qui se remet d’années de mauvaise gestion, et puis les citoyens qui ne dénoncent plus les faits. Ils voient que ça ne bouge pas alors ils se résignent, et c’est exactement ce que nous refusons. Nous voulons réveiller les consciences pour ramener Rome au niveau qu’elle mérite!

"Nous aurons gagné lorsque nous n’aurons plus besoin d’exister" résument ces bénévoles. En attendant cette improbable issue, le mouvement essaime au-delà de Rome. Quatorze villes italiennes possèdent désormais leur réseau de volontaires.

Un reportage de

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