Un reportage de Coralie Garandeau, en direct deLos Angeles, en Californie __

Carlos Amador : « Nos histoires sont nos armes les plus puissantes »

Etudiant en Californie
Etudiant en Californie © Prevail
Etudiant en Californie
Etudiant en Californie © Prevail

Carlos est un étudiant sans papiers qui vit aux Etats-Unis, où il a fait toute sa scolarité. Comme lui, chaque année, 65 000 nouveaux diplômés ne peuvent bénéficier de bourses pour financer leurs études, parce qu’ils sont en situation irrégulière. En Californie, ils sont sur le point de remporter une victoire avec la signature du Dream Act.

Imelda : « Je suis une étudiante sans papiers, je suis venue quand j’avais 5 ans de Guadalajara au Mexique ».

Imelda est étudiante en maîtrise à la prestigieuse Université de Los Angeles. Elevée par une mère seule qui fait des ménages, elle fait des petits boulots, court des marathons pour lever des fonds. Chaque année scolaire lui coûte 40 000 dollars.

Imelda : « Ce n’est pas parce qu’on est sans papiers qu’on n’a pas le droit d’être traités comme des êtres humains, on mérite des droits ainsi que des revenus équitables ».

En Californie, des milliers d’étudiants comme Imelda réclament l’accès aux bourses de l’enseignement supérieur. Arrivés jeunes ou parfois nés aux Etats-Unis, le statut de ces élèves exemplaires fait barrage à leur réussite. Une absurdité juridique pour Carlos, étudiant syndiqué.

Carlos Amador : « Ils arrivent jusqu'à la licence ou à la maîtrise, mais ils doivent travailler au noir parce qu’ils n’ont pas de papiers. On a toujours peur des expulsions. Souvent, les gens ont honte de leur statut et voient ça comme un stigmate. On a été élevés dans ce pays comme des Américains, on devrait donc pouvoir rester et participer comme des Américains ».

La honte, la peur, l’administration… Le Dream Act donne une voix à ces jeunes pour exprimer leur quotidien. Au mur, Carlos montre la photo d’une jeune femme dans un bus, comme un symbole.

Carlos Amador : « Elle est assise dans le bus elle prend des notes ou fait ses devoirs. C’est quelque chose que beaucoup d’étudiants clandestins doivent faire, ils ne peuvent pas s’offrir une voiture et doivent voyager deux ou trois heures pour aller à l’université. Ils se lèvent très tôt le matin et rentrent tard le soir »

Retoquée quatre fois sous Schwarzenegger, la loi californienne qui donnera accès aux sans-papiers aux bourses de l’état est la cible des anti-immigration. Mais Pablo voit cela comme un retour sur investissement.

Pablo : « Avec le système universitaire actuel, un tiers de nos frais de scolarité sert à financer des bourses auxquelles nous ne pouvons pas prétendre. Pourtant, nous contribuons très largement à l’économie du pays. Dans dix ans, on aura fourni des milliards à l’économie »

Le Dream Act californien est une étape vers la légalisation de milliers de jeunes immigrés. Il ne manque que la signature du gouverneur Brown.

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