Un reportage de Fleur Sitruk , à Jérusalem, en Israël

Daniela : « Sur nos badges, il est écrit : ‘femmes contre l’occupation, contre les check-points qui séparent les Palestiniens des Palestiniens’ »

Check-point israélien dans le village palestinien de Habla, en Cisjordanie
Check-point israélien dans le village palestinien de Habla, en Cisjordanie © Fleur Sitruk

Daniela est membre de Machsom Watch, une association composée de 250 femmes israéliennes, des mères ou grands-mères de soldats qui se rendent tous les jours aux check-points pour recenser les abus de l’armée israélienne et aider les Palestiniens dans leurs démarches. L’organisation, qui lutte contre l’occupation, a recensé plus de 700 checks-points en Cisjordanie.

En plus de leur travail d’observation, ces femmes organisent également des tours guidés dans les territoires occupés pour sensibiliser l’opinion publique israélienne. __

Haysam attend depuis vingt minutes sous le soleil de pouvoir accéder à son village. Avant de rentrer chez lui, il est fouillé par l’armée israélienne, sa carriole et son âne sont examinés sous toutes les coutures. L’opération se répète jusqu’à quatre fois par jour. Pourtant, Haysam ne fait que circuler entre son champ et son village, tous deux situés en territoire palestinien.

Mais il se trouve du mauvais côté de la barrière qu’Israël construit depuis 10 ans pour des raisons de sécurité.

Daniela, membre de Machsom Watch : « La barrière de séparation ne pose aucun problème aux Israéliens, passer les check-points, pour eux c’est du gâteau, tandis que les Palestiniens ont besoin d’un permis. A qui pensez vous qu’appartiennent les terres qui se trouvent entre la barrière de sécurité et la ligne verte ? Aux Palestiniens, bien sûr. Ils ont besoin d’avoir un permis pour aller sur leur propre terre ! »

__

Et ce précieux permis, Naeem ne l’a pas obtenu. Ce Palestinien de Jayyus, père de 7 enfants, habite juste à côté de la colonie de Zufin.

Naeem, Palestinien : « Il y a maintenant un check-point et des soldats. Je ne peux pas passer sans permis. Ils ne veulent pas que je travaille mon champ car ils veulent le prendre pour construire des maisons pour les colons. Mes enfants peuvent voir nos champs de la maison, mais ils ne peuvent s’y rendre, ni travailler mes champs. Ils ont détruit mon futur »

Amira, une mère de famille israélienne, à rejoint il y a 8 ans le combat de Machsom Watch.

Amira : « Nous obtenons énormément d’informations qui sont dissimulées, que les Israéliens ne veulent pas voir. Je ne crois pas que notre action change grand-chose à l’occupation ou à la politique du gouvernement israélien. Mais les gens savent désormais qui nous sommes. C’est important aussi pour mon moral. Et qui sait, peut être que petit à petit, les choses vont changer ? C’est aussi pour ça que j’ai appris l’arabe, je pense que c’est ainsi que nous réussirons un jour, grâce aux dialogue entre les personnes, et non par grâce à nos gouvernements »

La construction de la barrière de séparation a été condamnée par la Cour Internationale de Justice en 2004.

__

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.