Regarde, regarde l’Etat qui exalte et encourage l’homosexualité

Nous sommes au Maroc et vous venez d’entendre les manifestants qui s’exprimaient lundi devant le palais de justice de Beni Mellal, une commune populaire au centre du Maroc. Ces manifestants sont venus demander la libération de 4 agresseurs, 4 jeunes qui se sont introduits, début mars, dans un appartement où ils ont surpris un couple d’homosexuels. Ils les ont tabassés, jetés en sang dans la rue, et ont posté la vidéo sur Internet. Victimes et agresseurs étaient jugés ensemble. Cet Etat qui encouragerait l’homosexualité, le punit en fait comme un crime passible de 3 ans de prison. Un procès qui a révélé la violence des opinions marocaines sur le sujet comme nous le montre Anna Ravix.

Devant le palais de justice de Beni Mellal, les manifestants se séparent en deux groupes, les femmes, à gauche, les hommes, à droite. Il y a des enfants, des personnes âgées mais surtout des jeunes, comme Amine Farissi, 19 ans.

Nous sommes ici pour demander la liberté pour Rachid et ses amis. Parce que nous sommes un Etat islamique, et l’Islam interdit ça

Les manifestants demandaient la relaxe immédiate des agresseurs, et la condamnation ferme des homosexuels. Le juge a fait exactement le contraire : il a libéré le couple gay, qu'il a puni, quand même, de 3 mois de prison avec sursis... Et il a infligé 4 et 6 mois de prison ferme aux deux principaux agresseurs Ce jugement a choqué les manifestants homophobes. Qui sont restés tard devant le tribunal, criant à l’erreur judiciaire Le débat public, au Maroc, est globalement assez défavorable aux droits des homosexuels. Écoutons par exemple les arguments de l’avocat des victimes. Il milite pour l’abrogation de l’article 489, qui criminalise les rapports homosexuels mais avec avec des arguments clairement homophobes.

C’est un homosexuel, on doit le soigner. // Aujourd’hui, on a réussi à guérir le Cancer, le sida, pourquoi pas l’homosexualité?

Il existe des collectifs qui soutiennent la cause homosexuelle, mais ils sont clandestins. Un seul mouvement milite à visage découvert, le mouvement alternatif pour les libertés individuelles, MALI. Ibtissame Lachgar en fait partie.

Actuellement, les militants en faveur de la liberté sexuelle, en faveur de l’homosexualité, et qui luttent contre l’homophobie, nous nous retrouvons comme défenseurs de cette liberté là, très isolés.

Aucun parti politique marocain n'envisage, aujourd'hui, de faire abroger l’article 489, qui criminalise l'homosexualite. Mais en attendant, à Béni Mellal la justice du royaume a envoyé aux homophobes un message clair : ceux qui voudront se faire justice eux-même, et useront de la violence, iront en prison.

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