Un reportage de Gabriel Kahn, à Los Manos, aux Philippines

Docteur Jena : « Dès que nous commencerons à produire ces nouvelles variétés capables de résister au sel, de nouvelles terres pourront être cultivées avec du riz, même dans les régions côtières »

A Los Bagnos, aux Philippines, se trouve le siège de l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI), où le docteur Jena travaille en ce moment sur une variété de riz qui pourrait bien aider à lutter contre la faim dans le monde.

Car alors que l a population mondiale augmente et que les surfaces cultivables se réduisent, cette variété de riz sauvage capable se résister au sel permettrait de rendre fertiles de nombreuses terres actuellement stériles.

Le problème est qu’à priori, cette espèce de riz sauvage qui résiste au sel ne se croise pas avec les espèces de riz qui sont actuellement cultivées.

Après 34 000 essais infructueux, le docteur Jena, de l’Institut International de Recherche sur le Riz, est parvenu cependant à créer un embryon issu du croisement de cette variété de riz sauvage avec une variété cultivable.

Dr Jena : « C’était au mois de décembre 2011 : un plante a commencé à germer dans l’embryon. Et après 10 à 15 jours, nous avons remarqué que les feuillent commençaient à apparaître. Nous l’avons surnommé le ‘bébé de Noël’. Il a survécu et il a grandi ».

Ce « bébé de Noël » était le premier né d’une nouvelle variété qui pourrait révolutionner la culture du riz.

Docteur Jena : « Les variété que nous développons survivent comme des plantes normales dans de fortes concentrations de sel, presque équivalentes à l’eau de mer ».

Il reste désormais à l’équipe du Dr Jena à réaliser le fastidieux travail qui consiste à croiser de nouveau systématiquement cette nouvelle variété avec celles qui sont cultivées afin de la rendre commercialisable.

Docteur Jena : « Quand on essaie ainsi de croiser des variétés sauvages à des variété cultivées, les plantes sont très stériles. Mais nous obtenons actuellement la génération suivante et elle a atteint 5 % de fertilité. Nous sommes donc désormais capables de la croiser encore pour créer une nouvelle génération et ainsi de suite ».

Pour l’aider dans ce travail, l’Institut International de Recherche sur le Riz dispose d’une immense banque génétique. Dans ce bâtiment, des dizaines de femmes trient quotidiennement les riz du monde entier pour les conserver dans des chambres froides résistantes aux tremblements de terre. Sophie Clayton est en charge des relations publiques pour l’IRRI.

Sophie Clayton : « Dans cette banque internationale, nous avons plus de 115 000 variétés de riz différentes. C’est la plus grande collection génétique de riz dans le monde. Elle comprend à la fois les variétés sauvages et les variétés qui sont cultivées ».

C’est dans cette banque que le Dr Jena a trouvé les graines de cette variété unique de riz sauvage qui rejette dans l’atmosphère le sel qui pénètre en lui. Il était, comme les autres, soigneusement conservé dans l’obscurité des chambres froides avant d’être appelé à partager ses qualités bien particulières avec d’autres variétés de riz plus connues que lui.

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