Un reportage de Nicolas Ropert, correspondant de RFI à Kaboul, en Afghanistan

Abdel Wali:

Je suis arrivé ce matin, c'était il y a plus de 6 heures. Ils m'ont donné un numéro dans la queue et depuis, j'attends. C'est extrêmement lent et très mal fait !

Affiche élections présidentielles (Afghanistan)
Affiche élections présidentielles (Afghanistan) © Radio France / Nicolas Ropert

Abdel Wali, électeur afghan, est en colère. Il a fait plusieurs kilomètres pour tenter d'obtenir une carte d'électeur en vue du scrutin présidentiel dont le premier tour est prévu le 5 avril prochain.

Mais ce centre d'enregistrement de Kaboul est pris d'assaut. Le personnel qui réalise les inscriptions est en sous-effectif, et voilà qui pourrait engendrer un risque de fraude.

Une trentaine de personnes attend devant les grilles de cette école de l'Ouest de Kaboul, transformée en bureau d'enregistrement. Il ne reste plus que quelques jours aux Afghans pour s'inscrire.

Tous ceux qui n'ont jamais voté, qui ont perdu leur carte ou qui ont déménagé, doivent faire cette démarche, comme Abdel Wali qui commence à perdre patience :

Moi j'avais une carte électorale, mais je l'ai perdue, donc j'ai du revenir pour en obtenir une nouvelle. Mais il n'y a plus que trois centres ouverts dans toute la ville. Il devrait y en avoir davantage pour que ce soit plus rapide. Ou alors, ils auraient dû mettre plus de personnel. Parce que nous, on vient et on y passe la journée, donc on perd une journée de travail. J'avais essayé de venir il y a quelques temps, mais il y avait tout autant de monde. Ce n'est pas tolérable.

C'est désormais au tour de Farab, un jeune homme de 27 ans venu avec son oncle. Après quelques questions, il est pris en photo et quelques minutes plus tard, il recevra sa carte électorale. Farab fait parti des nombreux réfugiés rentrés en Afghanistan ces dernières années :

Je n'avais pas de carte électorale car je n'étais pas en Afghanistan. Nous étions au Pakistan, avec ma famille. Nous quand nous sommes revenus avec mon oncle, nous avons décidé de participer à l'élection, c'est important pour nous. Dans mon quartier, il n'y a pas de centre d'enregistrement donc nous sommes venus ici. Mais hier, nous n'avons pas pu obtenir notre carte.

A la tête d'une équipe de trois personnes, Abdulaziz Kamawal, le responsable de ce centre . Mandaté par la Commission électorale afghane, il regrette la lenteur des procédures et tente de rassurer sur le risque de fraude :

Si la commission nous envoyait une équipe supplémentaire, cela nous aiderait beaucoup. Je dois reconnaître qu'il y a énormément de monde qui veut s'enregistrer. Il faudrait que tous ceux qui le veulent puisse recevoir leur carte et que personne ne repartent sans avoir été enregistré. Si vous avez plus qu'une carte, ce n'est pas utile. C'est même une faute et un crime. Personne n'a le droit d'avoir deux cartes valides. C'est illégal et c'est puni par la loi. Malheureusement nous n'avons pas système informatique pour identifier les gens. C'est comme ça dans tout le pays. Donc nous ne pouvons pas détecter ceux qui sont déjà enregistrés.

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La précédente élection présidentielle, en 2009, avait été entachée par d'importantes fraudes. Un tiers des bulletins avait été invalidé.

Un scrutin qui avait aussi été marqué par une flambée de violence. Les Talibans ont annoncé cette semaine qu'ils s'en prendraient une nouvelle fois aux électeurs qui se déplaceront pour aller voter.

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