Dans la vallée du Cauca, les combats font rage entre les FARC et l’armée, malgré l'ouverture des négociations de paix.

Un reportage de Laurie Fachaux, dans la vallée du Cauca, en Colombie

Melba : « C’est un miracle que l’on soit vivants, parce qu’une bombe est tombée ici, à une dizaine de mètres de la maison du voisin. C’était un tir de mortier, lancé par la guérilla. »

Champs de coca dans la Vallée du Cauca, en Colombie
Champs de coca dans la Vallée du Cauca, en Colombie © Laurie Fachaux

Melba est une paysanne de 64 ans et l’une des nombreuses victimes des tirs croisés entre l’armée colombienne et les FARC, les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie. La guerre dure depuis 50 ans en Colombie, mais le gouvernement rencontrera la guérilla marxiste ce jeudi, pour continuer les négociations pour la paix, à La Havane, sur l'île de Cuba, après une première rencontre mi-octobre. Mais en attendant un éventuel accord, la guerre continue, surtout dans les campagnes.

Dans la vallée du Cauca, les combats font rage entre les FARC et l’armée.

Le village de Los Alpes, dans la montagne colombienne, semble bien paisible. Climat subtropical, des caféiers, des bananiers à perte de vue, mais aussi d’immenses champs de coca. Cette région est classée « zone rouge » car ici, la guérilla des FARC et l’armée se livrent une guerre sans merci. Les victimes sont nombreuses, la plupart sont des civils ou des paysans indigènes, comme Melba.

Melba : « Regardez : ici, ce sont des éclats des tirs de mortiers. Et regardez par là, l’état du toit : il est aussi détruit à cause de l’explosion. Et tout cela ne date pas d’aujourd’hui ! Cela fait trois ans que ça dure. On aimerait partir, moi en tout cas j’aimerais. C’est dur de vivre ici.

  • Vous aimeriez aller où ?

- N’importe où. Là où je recevrais de l’aide. Parce qu’ici personne ne nous aide . »

La veille de cette interview, les FARC ont séquestré deux employés d’une compagnie privée d’électricité. Sous la pression de la communauté indigène NASA, la guérilla a relâché les salariés, mais a fait savoir son mécontentement à Jorge, le président du village.

Jorge : « Quand les FARC ont vu que nous ne cédions pas, une deuxième personne m’a appelé. Elle avait l’air embêtée, et elle m’a dit que nous, les Indigènes, nous étions compliqués, et que nous nous noyions dans un verre d’eau. Cette personne a aussi ajouté que si je continuais comme ça, il ne fallait pas que je m’étonne si un jour, je voyais des chandelles, c’est-à-dire des balles, et aussi très probablement… des cendres . »

Ce soir-là, une annonce retentit dans les haut-parleurs du village. Une réunion extraordinaire est convoquée pour informer les habitants de la situation.

Les FARC auraient perpétré 120 attaques depuis le début de l’année, tuant au moins 52 civils dans la vallée du Cauca. Et depuis le début des négociations de paix, 6 policiers sont morts. Pour l’instant, aucun cessez-le-feu n’a été décidé.

D’après un sondage Gallup, 7 Colombiens sur 10 approuvent le processus de paix. Moins de 6 sur 10 croient en l’issue d’un accord.

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