A Montréal, 300 jeunes Français viennent de partir pour suivre un stage de 3 semaines. Des jeunes éloignés de l’emploi habitant en Ile-de-France et qui, grâce au partenariat entre l’Office franco-québécois pour la jeunesse et des missions locales et régionales, vont pouvoir suivre leur parcours professionnel au Québec. L'idée est de leur permettre de mettre cette expérience sur leur CV, mais surtout de reprendre confiance en eux dans un environnement totalement différent.

Trois semaines, ça peut paraitre court, mais cela peut aussi beaucoup aider.

Montréal
Montréal © MinhCuongTran

Première expérience en colocation pour Morgane Moret, 18 ans. Et pas n’importe où : à Montréal. Morgane, Adeline et Majida font partie des 25 jeunes éloignés de l’emploi et suivis par des missions locales d’Ile de France venus faire un stage d’insertion au Québec. Le billet est payé, on leur donne 700 euros et le reste est entre leurs mains.

Adeline Hartman, 26 ans, est aux fourneaux :

Je fais un stage dans une maison d’éditions qui s’appelle Eco Société. Moi mon but c’était vraiment d’apprendre à découvrir comment ça se passait dans une coopérative. Donc là c’est un système vraiment coopératif, où y’a pas de chef, ils travaillent tous ensemble, dans l’idée de refaire ça dans ma propre entreprise. Moi je trouve que la mentalité n’est pas la même qu’en France. Ils sont très ouverts, très solidaires.

La timide Morgane s’est épanouie en 3 semaines. Elle vient de l’école de la deuxième chance et n’a pas eu un parcours facile, ponctué de stages dans plein de domaines et de passages à vide. Alors ce séjour, même court, lui fait un grand bien :

Morgane :

J’ai entendu des choses super agréables que je n’ai pas entendues en France. J’en ressors avec de nouvelles façons de réfléchir, je pense.

- C’est le stage ou le fait d’être éloignée ?

C’est un peu de tout, je pense. C’est une chance, un coup de pouce pour me motiver, confiance en moi et me dire que je suis capable.

Alfred Pilon, secrétaire général de l’OFQJ :

L’expérience internationale est une aventure qui fait que le jeune revient avec une plus grande confiance en lui-même et avec un plus grand sens de ce qu’il peut accomplir…

Selon Alfred Pilon, le secrétaire général de l’OFQJ, c’est un parcours gagnant. 90 % des jeunes qui vivent cette expérience retournent à l’école ou trouvent un travail :

Souvent, les jeunes qui participent spécifiquement au programme d’insertion sont des jeunes qui ont été cloisonnés dans un univers assez restreint. Et là on vient de leur expliquer : regardez, le monde vous appartient, vous pouvez sortir de ces univers là.

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Dans ce centre socio-culturel où Bilal Taachout fait son stage avec des jeunes, sa responsable, Véronique Bouchard, a vu la transformation :

Je pense qu’il a pris de l’assurance au niveau des jeunes, au niveau du fonctionnement, de l’organisation surtout, et c’est plaisant de le voir évoluer.

Bilal Taachout :

J’ai plus d’expérience, ça me permet d’avancer, j’ai pris confiance en moi.

  • Tu penses que ça peut faire la différence sur ton CV ?

Le fait d’aller à l’étranger tout seul et de découvrir de nouvelles personnes, oui je pense. Ou en tous cas, j’espère.__

L’expérience fonctionne aussi dans le sens inverse : depuis 2007, près de 1.100 jeunes Québecois sont venus faire des stages d’insertion en France.

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