Reportage de Nicolas Ropert, correspondant de RFI et France Inter dans les territoires palestiniens

Fadi Kattan, son porte-parole de l'ONG palestinienne Stop the Wall :

Aujourd’hui il reste 25% de mur constructible. On continue à se battre contre ça mais surtout notre but ultime c’est la disparition de ce mur. __

Faddi Kattan est le porte-parole du réseau « Stop the wall ». Cette ONG palestinienne combat la construction du mur de séparation entre Israël et la Cisjordanie. Le nouveau tracé devrait être annoncé autour de Crémisan, un monastère chrétien vieux de 150 ans situé en Cisjordanie. En août dernier, la cour suprême israélienne avait invalidé le tracé qui devait couper le monastère en deux. C'est une victoire pour les habitants et les religieux sur place qui poursuivent leur mobilisation. Le nouveau mur priverait notamment les villageois de l'accès à leur terrains agricoles. Ils organisent leur lutte notamment avec des prières chaque semaine sur le site menacé

Autour du monastère de Crémisan, des champs d'oliviers et quelques maisons isolées. C'est dans cette vallée verdoyante que les autorités israéliennes prévoient de faire passer un mur de béton de 8 mètres de haut. Il empêcherait notamment Abu Nidal, un villageois, d'accéder à ces terrains.

Abu Nidal :

Israël a déjà pris toute la Palestine. Ils utilisent l'excuse de la sécurité mais la sécurité ne vient pas de ce mur. La sécurité, Israël peut l'obtenir en rendant leurs droits aux gens. Notamment pour nous les réfugiés. Il n'y a que comme ça qu'Israël pourra vivre en sécurité.__

Depuis trois ans, tous les vendredis, des croyants participent à une messe en plein air contre la construction du mur. Une lettre a même été remise au Pape François. Le père Faisal, un prêtre palestinien officie aujourd'hui. En charge de la paroisse, il est entouré par une poignée de croyants.

Père Faisal :

Nous voulons ces terres pour nous parce que c’est notre terre. Ils ont voulu la prendre, mettre le mur et la confisquer. Nous, on a dit on ne va pas protester par des manifestations ni par des pierres, nous sommes contre la violence, donc la seule manière de protester est de prier sur ces terres.__

israël s'approprie 400 hectares de terres en cisjordanie
israël s'approprie 400 hectares de terres en cisjordanie © reuters

Les habitants musulmans ou chrétiens de la vallée poursuivent leur combat contre ce mur de séparation, aujourd'hui construit à 75%. Si le monastère n'est plus menacé d'être coupé en deux, les efforts ne diminuent pas. La sœur Donatella, une italienne, participe chaque semaine à une procession devant le mur à Bethléem.

Soeur Donatella :

En 2004, quand le mur n'était pas encore construit et que nous avons compris qu'ils voulaient séparer les gens, on a débuté notre Intifada pacifique. On prie Dieu pour qu'il aide les humains pour qu'ils fassent au mieux afin d'atteindre la paix dans la région. __

Si l'Eglise est particulièrement mobilisée, la société civile palestinienne est elle aussi engagée. Des actions de protestations sont régulièrement organisées par l'ONG palestinienne Stop the Wall.

Fadi Kattan, porte-parole de l'ONG palestinienne Stop the Wall :

Notre action va des obédiences civiles dans les villages où le mur est en construction. On travaille sur le côté judiciaire. Donc on va au tribunal contre les décisions de construction du mur, et contre les expropriations. Et dans un sens beaucoup plus large on appelle au boycott d’Israël pour arriver à l’arrêt de la construction du mur.__

Israël de son côté assure que la barrière de protection, comme elle l'appelle, a considérablement fait diminuer les attentats sur son sol.

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