Qu’ils soient du Nord, du Sud, qu’ils soient bouzou ou bambara, il faut que les gens, au sein de l’école, aussi bien les enseignants que les élèves, s’asseoient et réfléchissent pour trouver une solution pour revivre ensemble dans l’espace de l’école.

Pierre Saye est en charge de l’Education pour l’Unesco au Mali, pays qui sort doucement de la crise.

L’occupation du Nord par des groupes jihadistes en 2012, la guerre de reconquête en 2013 et depuis, des attentats terroristes qui se multiplient. En parallèle, il y a eu la rébellion indépendantiste dans le Nord, qui s’est conclue par un accord de paix en juin dernier. Dans ce contexte, comment assurer la culture de la paix dans les écoles maliennes? Des discussions sur le sujet ont été organiséescette semaine par l’Unesco et par le Ministère malien de l’Education .

L’occasion de se pencher sur des dispositifs trouvés dans d’autres pays africains sortis, eux aussi, de périodes de conflit. Plus de 80% des écoles fonctionnelles avant la crise peuvent à nouveau accueillir les élèves maliens. Mais l’ambiance dans les classes n’est plus vraiment la même qu’auparavant.

Casques bleus au Mali
Casques bleus au Mali © Reuters / Adama Diarra

Pierre Saye, chargé de l’Education pour l’Unesco au Mali:

Il n’est pas rare d’entendre dire que les différentes ethnies ont de la peine à se mettre ensemble pour faire redémarrer l’école. Il faut éliminer les préjugés : qu’on soit blanc ou noir, c’est le même sang malien qui circule dans nos corps et il faut que l’on se parle pour trouver une solution pour avoir une école où il fait bon apprendre.

Pour trouver des solutions, il suffit parfois de regarder juste à côté. La Côte d’Ivoire a connu de graves troubles politico-ethniques jusqu’en 2011. Téné Haidara, inspectrice générale de l’Education nationale ivoirienne , explique comment son pays a mis en place un dispositif de prise en charge psychologique:

Il y a eu des psychologues mis en place pour que les parents puissent en référer, et pour que les parents puissent avoir des contacts avec la structure.

En République démocratique du Congo, des cours consacrés à la vie courante ont carrément été intégrés aux programmes scolaires. Don Gaston Massila est le chef de division au ministère de l’Education de RDC:

Prenons l’exemple d’un enfant qui quitte un groupe armé où on lui a appris la violence, on lui a appris à tuer, à agresser, à violer. Quand il arrive dans un milieu de paix, c’est compliqué. Mais grâce aux cours, les enseignants doivent amener les enfants vers un comportement de paix.

Au Mali, en dépit des énormes progrès réalisés, plus de 430 écoles sont toujours fermées, en raison de l’insécurité, notamment dans le Nord, et notamment dans la région de Kidal.

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Un reportage de David Baché.

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