Un reportage d'Olivier Bonamici, à Lisbonne, au Portugal

Joana : « Est-ce qu'on a à manger pour cinq personnes ? Oui, on a. Alors mettez ça dans un sac, c'est pour toute une famille. Et il nous manque combien de morceaux de pain ? Il en manque trois»

Morue aux épinards (Portugal)
Morue aux épinards (Portugal) © Bordas

Le Portugal vit une situation de plus en plus difficile sur le plan économique.

Le taux de pauvreté ne cesse d'augmenter. Actuellement, 1 Portugais sur 5 vit avec moins de 500 euros par mois. Du coup, sur le terrain, les actions sociales se multiplient. Exemple à Lisbonne avec l’Association RE-FOOD (pour « rescuing good food », sauver la bonne nourriture), qui distribue les restes des restaurants et a ainsi réussi à délivrer plus de 6.000 repas en 6 mois aux plus démunis.

L’association Re-Food est partie d’un constat : de plus en plus de familles, assommées par les plans d’austérité, n’ont plus d’argent pour manger. En parallèle, les restaurants jettent leurs invendus à la poubelle. Aujourd’hui, plus de trente établissements offrent tous les plats qu’ils n’ont pas réussi à vendre.

L’association les redistribue ensuite à une centaine d’habitants, dans un quartier situé en plein cœur de Lisbonne. Chaque soir, à 19 heures, les bénévoles commencent la tournée des restaurants.

Joana s’occupe de l’emploi du temps de tous les bénévoles. Ils sont quatre-vingt aujourd’hui, des étudiants, chômeurs ou encore retraités.

Pourtant, le bénévolat n’est pas très répandu au Portugal, mais les mentalités sont en train de changer.

Joana: « Le Portugal vit une situation historique. Il y a énormément de monde qui, autrefois, ne serait pas venu nous voir, mais qui se retrouve aujourd’hui avec des besoins basiques. Des gens qui ont perdu leur emploi. On n'a donc pas d'autre choix que d'intervenir »

D’autres bénévoles préparent les sacs. A l’intérieur, une soupe, un plat chaud et un dessert. Il est 21 heures. Quelques rues plus loin, Cristina, une jeune femme, vient chercher ses trois colis.

Cristina : « Avant, je recevais l'aide de la Banque alimentaire, mais je n'y ai plus le droit à cause du avec Revenu Minimum d'Insertion qui est seulement de deux cents euros par mois. Avant Re-Food, on sautait des repas pour que notre fille puisse manger »

Si Cristina bénéficie de l’aide de Re-Food, c’est aussi parce que selon la loi portugaise, rien n’empêche de redistribuer les invendus des restaurants, dès lors que sont respectées les conditions d’hygiène.

L’association Re-Food peut maintenant afficher son ambition : faire de Lisbonne la première capitale au monde sans gaspillage alimentaire.

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