La route de la Mort en Bolivie
La route de la Mort en Bolivie © Radio France / © counterculturecoffee

Un reportage de Reza Nourmamode, à La Paz, Bolivie

Juan, chauffeur bolivien de poids-lourd : « C’est une mauvaise route. Nous, nous tremblons toujours à cause du danger. Notre vie n’est pas sûre »

Juan est un chauffeur bolivien qui conduit depuis vingt ans son camion sur la fameuse « route de la mort », en Bolivie, l'une des routes les plus dangereuses du monde, avec ses 400km entre La Paz et la région tropicale des Yungas, en pleine cordillère des Andes. Cet itinéraire sinueux est pourtant un terrain de jeu pour touristes sur VTT en mal de sensations fortes.

Accrochée à la montagne, la route serpente à travers la cordillère des Andes, dans un paysage majestueux. Un panneau prévient : ici, pas plus de trois mètres et demi de largeur. Lorsque deux véhicules se croisent, l’un d’eux doit donc faire marche arrière. Une manœuvre extrêmement périlleuse car il faut longer un précipice de plusieurs centaines de mètres. C’est pourtant le quotidien de Javier Cuareti, un chauffeur de poids-lourd qui gagne sa vie en la risquant.

Javier Cuareti : « On gagne plus sur cet itinéraire, car « la route de la mort » est effectivement très dangereuse. Quand on voyage sur d’autres parcours, comme vers Cochabamba ou Santa Cruz, le salaire est moins intéressant »

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Sur le bord du chemin, des dizaines et des dizaines de croix marquent les endroits des accidents mortels. La partie la plus dangereuse du parcours, qui faisait une centaine de morts chaque année sur un tronçon d’à peine 80 kilomètres, a pourtant été remplacée par une route asphaltée en 2007. Malgré cela, plusieurs dizaines de décès sont encore à déplorer tous les ans. Pour le lieutenant colonel Victorino Torrez, de la police routière de La Paz, la faute en revient également à l’imprudence des chauffeurs.

Victorino Torrez, de la police routière de La Paz : « C’est vrai que la topographie est très accidentée, mais je veux souligner que c’est bien l’être humain qui maîtrise le véhicule. Combien de chauffeurs, de passagers, ont emprunté cette route un nombre incalculable de fois et sont revenus sans problèmes ? C’est parce que le véhicule était bien entretenu et que le chauffeur a fait attention. Quel que soit l’état déplorable de la route ou le climat, si l’on conduit prudemment, on évite les accidents »

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Désertés par les véhicules, les 80 kilomètres les plus dangereux font désormais la joie des touristes, qui viennent du monde entier pour descendre la route en VTT. Avec 3 000 mètres de dénivelé en pleine cordillère des Andes, les sensations sont au rendez-vous, témoigne Tara, une touriste irlandaise.

Tara, touriste irlandaise : « Je ne sais pas, je en sais pas comment c’est possible de conduire sur cette route. C’est déjà effrayant en étant à vélo avec des roues de cette taille, alors je n’arrive pas à imaginer comment ça doit être au volant d’un camion. C’est effrayant ! »__

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Avec les travaux qui sont en cours, la totalité de la route entre La Paz et la région des Yungas devrait être élargie et asphaltée d’ici 2014.

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