Un reportage de Christine Dupré, à Bratislava, en Slovaquie

Miroslav Hajnos, 27 ans, candidat :

Chez nous, le niveau de vie s’est élevé, par rapport à il y a 10 ans. Les gens sont plus libres ; ils peuvent voyager et travailler à l’étranger. Mais le problème, c’est qu’ils ont encore du mal à se sentir Européens.

Slovaquie
Slovaquie © gaetanku

En Slovaquie, le 24 mai prochain, Miroslav Hajnos et ses compatriotes voteront dans le cadre des élections européennes. Il fait lui-même partie de ces jeunes qui ont pu profiter de l'ouverture des frontières, et qui rentrent dans leur pays natal avec tout plein d’idées pour le transformer de l’intérieur.

Il y a dix ans, les jeunes Slovaques ont vécu l'adhésion de leur pays à l'Union Européenne comme l'occasion de partir étudier, vivre autre chose, dans d'autres pays membres. La moitié d'entre eux sont aujourd'hui rentrés avec une nouvelle approche des problèmes de la Slovaquie : chômage à 13,5 %, corruption des élites et passivité de la population.

Miroslav Hajnos, 27 ans, a vécu en Finlande, à Londres, en Espagne, en France. Candidat aux européennes pour le parti démocrate européen, il se lance en politique :

J’ai pu toucher du doigt la qualité de vie dans d’autres pays de l’Union européenne, et je veux la même chose pour la Slovaquie. Si nous voulons une meilleure Slovaquie, il faut nous y atteler nous-mêmes. Je suis rentré pour motiver les gens à s’engager à tous les niveaux : local, national, politique.

A son retour d'Allemagne, Marek Hlinican , 33 ans, a pris la direction de Kviltex, une petite entreprise de textile, à Liptovské Mikulas, au pied des montagnes Tatra. Depuis les années 2000, les gouvernements slovaques successifs ont rendu la fiscalité très avantageuse pour les multinationales. Selon Marek, il est temps d'aider les PME à trouver leur place :

Il faut réformer la fiscalité, et accorder davantage de soutien aux petites entreprises. Nous avons aussi besoin d’une politique active de l’emploi et d’une certaine protection des entreprises locales. Je sais que le contexte de l’Union européenne est un contexte globalisé, où les entreprises peuvent bouger d’un pays à l’autre. En même temps, les autres pays membres protègent tous d’une manière ou d’une autre leurs intérêts et leurs entreprises.

A quelques kilomètres de Mikulas, Marina Perasinova, 30 ans, enseigne aujourd'hui aux enfants Roms. Elle a rencontré en Italie, en Espagne, en Irlande aussi, des tziganes, des manouches, des nomades qui s'en sortent mieux qu'en Slovaquie. Il faut, dit elle, changer les mentalités :

Il faut commencer à un tout petit niveau : parler avec les enfants et les parents et faire prendre conscience à tous qu’ils doivent se prendre en charge eux-mêmes, tenir debout, que les parents doivent s’occuper de leurs enfants. Quand ceci est acquis, il faut travailler sur la motivation, inciter les Roms à chercher un emploi et à ne pas tout attendre des prestations de l’Etat.

A leur retour, nos trois voyageurs ont retrouvé un pays plus riche, transformé par les investissements étrangers. Mais, ils en sont convaincus, la Slovaquie ne changera vraiment que si les Slovaques se bougent.

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