Un reportage de Caroline Vicq, à Buenos Aires, en Argentine

JulianDominguez, président de l'Assemblée Nationale argentine : « Les îles des malouines sont argentines. Le problème sera résolu quand les Anglais nous rendront ce qu’ils nous ont volé. Peu importe le temps que ça prendra. On les récupèrera »

Graffiti sur un mur de Buenos Aires "Hors des Malouines les Anglais ! Nous reviendrons !"
Graffiti sur un mur de Buenos Aires "Hors des Malouines les Anglais ! Nous reviendrons !" © Salim Virji / Salim Virji

Julian Dominguez est le président de l’Assemblée national en Argentine. Il tenait ces propos il y a quelques jours, alors que l’on commémorait les 30 ans de la guerre des Malouines, qui opposait l’Argentine et le Royaume-Uni.

Un conflit qui devait faire près de 900 victimes. Aujourd’hui encore, les Argentins continuent à réclamer la souveraineté de ce territoire qui leur appartenait au XIXème siècle, jusqu’à ce que les Anglais colonisent les îles par la force. L’ONU a invité les deux pays à négocier, mais les tensions restent fortes. A Buenos Aires, les manifestations du 2 avril, jour de commémoration, sont accompagnées d’un discours intransigeant, dans la rue comme au sommet de l’Etat.

En avril 1982, le drapeau argentin flottait sur les Malouines. Deux mois de fierté nationale, jusqu’à la victoire des Anglais le 14 juin. Le 2 avril dernier, jour férié en hommage aux morts de la guerre des Malouines, les anciens combattants étaient présents. Émus. Parmi eux, Alejandro.

Alejandro, ancien combattant: « Avoir été aux Malouines, ça reste au fond du cœur. Il y a d’abord, l’euphorie de pouvoir rendre le territoire à la nation, qui te remplit la poitrine de courage et de patriotisme, et puis le résultat final, la défaite et le retour à la maison par la porte de derrière. Retourner aux Malouines, j’en rêve. C’est le même sentiment que quand on grandit : on se marie et on part. Là, ce serait comme revenir dans le quartier où l’on a vécu son enfance »

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Les Malouines, un sujet sentimental et fédérateur. Dans les rues, à la question : « les Malouines sont-elles argentines ou anglaises ? », la réponse est claire.

Manifestante Argentine :« Ce lieu nous appartient. Maintenant, si les habitants des Malouines veulent avoir leur propre régime, je l’accepterais plus que si ça appartient aux Anglais »

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Manifestante Argentine :« Elles sont argentines à 100%. C’est l’histoire qui le dit ! »

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Manifestante Argentine :« Du point de vue territorial et géographique, les Malouines sont à nous. Il n’y a pas à discuter ! Les Anglais ne sont pas d’accord parce que ce sont des pirates ! Nous, on est tout près, les Malouines sont argentines ! »

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Pour comprendre ce conflit, il faut remonter à 1833. Les îles appartiennent à la République argentine récemment créée, mais les Anglais, intéressés par la situation géographique stratégique et les richesses naturelles, débarquent et expulsent les Argentins. Les Malouines sont alors colonisées.

Julian Dominguez, Président de l’Assemblée nationale : « On a été expulsés. Le problème sera résolu quand les Anglais nous restitueront ce qu’ils nous ont volé. C’est une juste réclamation qui contribue à la cohabitation d’une humanité plus harmonieuse et plus civilisée. On va les récupérer. C’est notre histoire, c’est notre territoire. Le temps n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est notre conviction que les Malouines sont argentines »

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La présidente, Cristina Kirchner, a appelé plusieurs fois les Anglais à respecter la résolution 2065 de l’ONU invitant les deux pays à négocier sur la souveraineté des îles. Mais depuis 1965, l’Angleterre a toujours refusé le dialogue.

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