Un reportage de Marie-laure Josselin, à Toronto, au Canada

Don Lucey : « Généralement nous voulons idéaliser les gens sur les couvertures et les femmes achètent ces romans pour s’évader. Si elles veulent voir quelqu’un de gros, elles n’ont qu’à juste regarder autour d’elles ! »

Don Lucey, qui travaille pour les éditions Harlequin ne se trompe pas : les femmes du monde entier aiment s’évader en lisant un roman Harlequin. Car l a maison d’éditions, reine du roman sentimental, vend du rêve et de l'amour.

Les chiffres ne mentent pas et donnent même le tournis :

- 4 livres par seconde vendus dans le monde

- et depuis sa création en 1949, 6.7 milliards de livres vendus et 1 300 auteurs édités.

C’est à Toronto, au Canada, que les éditions Harlequin ont été fondées.

Dans un long couloir, des couvertures grand format de romans Harlequin tapissent les murs.

1953 : deux infirmières lancent un regard langoureux à un médecin.

1957 : pour la première fois, une femme porte un pantalon.

1978 : une femme d’affaire que l’on croit sortie de la série américaine Dallas.

2000 : un homme, s’occupant d’un bébé.

Les couvertures d’Harlequin, c’est un condensé de l’évolution de la mode féminine et du rôle de la femme depuis plus de 60 ans.

« Nous vendons des livres aux femmes, mais elles n’ont pas toutes les mêmes goûts donc nous faisons en sorte qu’il y en ait pour toutes. »

Et le secret de ce succès, c’est Don Lucey, le responsable de communication de la société qui nous l’a livré.

Harlequin a réussi à fidéliser sa clientèle en vendant des produits peu chers jusque dans les supermarchés et a su surtout s’adapter.

Don Lucey :« Pour les romans Harlequin, le lectorat japonais aime voir un semblant de ce qu’ on trouve dans les romans anglais ou américain : une femme blonde, mais l’artiste est japonais. »

Les collections sont nombreuses. Il y en a même pour les chrétiens ou pour ceux qui préfèrent des histoires beaucoup plus torrides.

« - Je vous une couverture un peu plus « sexy » ?

Don Lucey :- Oui, oui vraiment sexy et cette auteur est la meilleure vente du classement du New York Times pour le surnaturel et paranormal »

Publiées dans 31 langues et 109 pays, les éditions Harlequin reçoivent des centaines de manuscrits chaque mois.

Don Lucey :« Tout le monde peut envoyer son manuscrit, ils sont tous lus parce qu’on ne sait jamais quand on va trouver le prochain auteur à succès, le prochain Nora Roberts ou Debbie Macomber [classées dans la liste des bestsellers du New York times] »

Mais la légèreté du récit n’implique pas une facilité d’écriture. VickY So, sous son nom de plume Vicky Essex, a essuyé deux refus avant de voir son premier livre paraître

VickY So :« Plus je lisais et plus je me disais ‘je peux en écrire un aussi, c’est bien, c’est si facile’… Mais non, non ce n’est vraiment pas facile, pas du tout. »

Une chose est sûre : dans tous les romans Harlequin comme celui de Vicky, on est beau, on s’aime et ça finit… toujours bien.

« - Vous vendez de l’amour ?

- Don Lucey : Oui. Oui, dans les romans, nous essayons. Nous essayons de leur offrir une expérience divertissante et agréable qui les rende heureuses. »

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