Un reportage d'Eric Samson, à San Lorenzo, en Equateur

Maritza Crespo, psychologue : « Avant-hier un jeune colombien de 13 ans a été retrouvé assassiné à coups de poing. Il était victime de harcèlement depuis 5 ou 6 mois et ses agresseurs lui volaient tout son argent de poche ».

College boy
College boy © Radio France

L’ONG Vision Mondiale vient de lancer une campagne internationale qui commence aujourd’hui contre ce que l’on appelle le « bullying » ou « harcèlement scolaire » .

Des violences entre jeunes qui peuvent avoir des conséquences tragiques.

A l’appel de 3 ONG (Cartoon Network, Boomerang et Vision Mondiale), la lutte contre ce phénomène s’organise en Equateur.

Le harcèlement à l’école a probablement toujours existé. En Equateur, le phénomène s’est cependant aggravé ces dernières années selon Maritza Crespo.

Maritza Crespo : « En 2005, il y a eu un premier cas en Equateur. Au cours d’une sortie, 6 élèves d’un collège de Quito ont tabassé un jeune. Ils ont tout filmé sur leurs portables et ont mis la vidéo en ligne sur les réseaux sociaux. Ça a été la première alerte de présence de harcèlement ; mais le problème est devenu aujourd’hui pratiquement quotidien . »

Exemples avec Gael Chuquisan et Leslie Gomez, étudiants de 16 et 17 ans d’un petit collège d’une région rurale, au nord de l’Equateur.

Gael Chuquisann : « Moi, ils m’ont un peu cherché à mon arrivée. Ils m’ont appliqué la loi de la glace pendant un temps. Ils m’ont isolé, ils ne m e parlaient pas. C’est horrible, on se sent ignoré… C’est fatal ».

Leslie Gomez : « Pendant les vacances nos cousins venaient nous rendre visite à la campagne. A l’école il y avait des élèves plus grands que nous, plus forts, qui ont commencé à nous exclure, moi, mon frère et mes deux cousins qui après, n’ont plus voulu venir, surtout un. Ils nous disaient que ça leur plaisait pas, qu’ils se sentaient mal

Après 4 ans d’études entre 2005 et 2009, l’Unesco a dévoilé des chiffres alarmants. Après l’Argentine où l’indice de harcèlement dépasse les 23% de la population scolaire, l’Equateur arrive en 2ème position avec plus de 21%. Des chiffres confirmés par Maritza Crespo.

Maritza Crespo : « 55% des élèves blancs ou métis affirment que des jeunes abiment ou détruisent les affaires des autres à l’école. 71% disent qu’ils sont témoins d’insultes verbales entre élèves, un chiffre qui monte à 82% dans le cas des équatoriens d’origine africaine. C’est énorme. Cela montre l’ampleur du phénomène qui touche les jeunes ».

Les spécialistes estiment que la montée générale de la violence en Equateur explique celle du harcèlement à l’école, sans oublier la méconnaissance des droits de l’Homme, selon Segundo Castillo qui travaille pour World Vision dans la région de San Lorenzo.

Segundo Castillo : « Les droits des enfants et des adolescents sont soit ignorés, soit trop mal connus par les enfants eux-mêmes et les adultes. Nous avons eu une réunion récemment avec des professeurs de la zone. Je leur ai demandé s’ils considéraient qu’il fallait encore utiliser le fouet et les châtiments corporels à l’école et ils m’ont dit oui… »

La campagne internationale durera jusqu’au mois de juin. Son objectif est de faire signer un contrat anti-harcèlement aux enfants et à leurs professeurs.

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