Un reportage signé François-Xavier Freland, à Cahuita, au Costa-Rica

Walter Fergusson, auteur compositeur, roi du Calypso : « Quand j'étais très jeune, les personnes âgées me disaient que toutes les peaux sombres signifient que l'on vient d'Afrique, et j'ai tout de suite accepté ça »

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Costa Rica
Costa Rica © Valérie Pouget / Valérie Pouget

Walter Fergusson est l’un des derniers maîtres du Calypso, un genre musical afro-américain autrefois très répandu sur la côte Caraïbes du Costa Rica, qui se jouait jadis au banjo et à la guitare sur les pas de portes des villages de pêcheurs. Rencontre avec celui que l'on surnomme « le roi du Calypso », Walter Fergusson, dans son hôtel, à Cahuita.

Il est assis dans le restaurant de l'hôtel familial. Une casquette visée sur la tête, il regarde la rue. A côté, ses enfants s'activent à la cuisine et en salle. Les touristes passent devant lui, sans savoir que cet homme humble et discret est une sommité locale, voire internationale. A 93 ans, Walter Fergusson est le dernier des grands interprètes de Calypso, un genre de blues qui se chantait autrefois sur la côte caribéenne du Costa Rica. Dans son vieil anglais créole, Walter Fergusson s'exprime avec la bienveillance d'un proche. Walter Fergusson, auteur compositeur, roi du Calypso : « Quand j'étais petit, la nuit, ici, dans cette rue, il y avait plein de gens qui jouaient de la guitare. Ils venaient de différentes nationalités : de Trinidad et Tobago, de Jamaïque, et ils jouaient du calypso. Ma mère, qui chantait beaucoup aussi, me répétait ‘tu seras un grand compositeur mon fils’. Elle répétait toujours cela » Malheureusement, à Cahuita, autrefois petit village de pêcheurs transformé en station balnéaire pour surfeurs, on ne joue plus de guitare sur le pas des portes. Les rythmes de reggae, salsa, ou rap, ont remplacé depuis quelques années les mélodies suaves de la nuit.

Gianti, joueur de banjo du groupe Kawe calypso : « Nous, on essaye de faire vivre sa musique, parce qu'elle était en train de disparaître. Ce type est célèbre. J'ai voyagé dans beaucoup de pays, et tous connaissaient au moins une chanson de Mister Fergusson, toujours la même : "Cabin in the wata" » Nous voici dans la chambre 7 de l'hôtel Mer et Soleil des Fergusson. Gianti et trois musiciens français d'origine lyonnaise y ont improvisé un mini studio de répétition. Le groupe Electrofacto est allé à la rencontre de la musique de Walter Fergusson, pour justement faire revivre un genre à l'abandon et redonner, peut-être, envie aux nouvelles générations qui s'en sont détournées.

Yann-Gaël Poncet, violoniste, directeur artistique du groupe Electrofacto : « Walter Fergusson, c'est quelqu'un qui regarde le monde qui l'entoure. Il est assis sur son siège, il regarde ce qu'il se passe, il le raconte en musique. C’est en cela que cette musique est vivante, en cela que cette musique est orale. C’est en cela qu'elle se rapproche de ses racines africaines. Parce que c'est, quelque part, une forme de griot, c'est-à-dire qu'il raconte la vie de tous les jours » Chrétien, pieu, « Don Walter », comme on l'appelle avec déférence, n'a jamais été attiré par le succès. Toujours étonné qu'on aille le voir, il n'a enregistré que deux disques professionnels dans sa carrière. Il y a encore peu, il vendait aux touristes de passage des cassettes artisanales, enregistrées dans sa chambre.

Evènement :

Le groupe français Electrofacto, qui mixe et revisite le Calypso de Walter Fergusson, donnera un concert à l’occasion de l'arrivée de la Transat Jacques Vabre dans le port de Lemon,__

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