Reportage de David Baché, correspondant au Mali

Ecole à Gao, Mali
Ecole à Gao, Mali © David Baché

Il manque vraiment des professeurs dans la commune. Ce qui est dit à l’insécurité, nous avons vraiment le souci de nos petits frères : ils ont besoin d’être formés, ils ont besoin d’être éduqués. Les parents vraiment souhaitent que leurs enfants aillent à l’école. __

Au Mali, les enfants ont retrouvé la semaine dernière, le mardi 7 octobre, le chemin de l’école dans des conditions toujours très précaires dans le nord du pays, où divers groupes armés sont toujours présents une attaque terroriste islamiste a encore tué neuf casques bleus il y a treize jours près de Gao, le vendredi 3 octobre.

Amadou Déguéni est le directeur de l’académie de Gao. Son bureau, saccagé pendant l’occupation jihadiste, a été reconstruit. Aujourd’hui, il considère cependant que la rentrée scolaire s’effectue dans des conditions très difficiles.

Amadou Déguéni :

Tout a été saccagé, tout a été pillé, tout a été emporté. Le mobilier scolaire a été saccagé, des tableaux ont été utilisés comme bois de chauffe. Aujourd’hui encore nous sommes en train de revenir à la voie de normalisation mais beaucoup d’école ne sont pas encore fonctionnelles, à cause notamment de l’insécurité.

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Plus encore que les séquelles de l’occupation, qui a pris fin il y a un an et demi, c’est la présence persistante des groupes armés qui pose problème. La sécurité semble globalement assurée dans la ville de Gao, mais les zones plus reculées restent particulièrement dangereuses.

Ansongo n’est qu’à 100 kilomètres de Gao. Là-bas, beaucoup de professeurs manquent à l’appel… Sidi Khali Haidara, responsable du centre pédagogique d’Ansongo.

Sidi Khali Haidara :

Sur les 426 enseignants, 295 sont présents. Naturellement s’il n’y a pas de professeurs, il n’y a pas d’étude. Donc ces enfants-là qui ont déjà perdu 2 années scolaires vont rester encore dans la rue. Tu demandes à un enseignant d’aller à Ménaka, il te dit « mais comment voulez-vous que j’aille dans une zone où il n’y a pas de sous-préfet ? Comment voulez-vous que j’aille dans une zone où il n’y a pas d’agent de santé. IL n’y a aucun symbole de l’Etat dans ces zones-là. __

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Il y a les groupes islamistes, qui circulent et sèment la terreur, et il y a les groupes rebelles qui, contrairement aux terroristes, négocient avec l’Etat malien pour trouver un accord de paix. La localité de Ménaka, région de Gao, est contrôlée par les rebelles Touaregs du MNLA.

Achkounine Ag Idalyallah est conseiller d'orientation à Ménaka : fermement opposé aux rebelles, il reconnaît que le MNLA ne cherche pas à entraver la rentrée scolaire.

Achkounine Ag Idalyallah :

L’école et la santé n’ont pas tellement de difficultés pour les occupants. Ils n’ont jamais demandé l’hymne de l’Azawad (ndlr : nom de l’école), ni le programme de l’Azawad ; Ils disent que l’école c’est l’école. En tout cas jusqu’à aujourd’hui ils n’ont jamais parlé du contenu du programme. C’est le programme du Mali. __

Pour autant, difficile de convaincre les professeurs d’aller prendre leurs fonctions dans ces conditions.

L’Unicef, le Fonds des Nations unies pour l’enfance, a pris en charge les reconstructions des classes, et distribué des kits d’enseignement, du matériel ou encore des aliments pour les cantines. Des cours de remise à niveau ont été organisés avant la rentrée, à destination notamment des enfants déplacés ou réfugiés, de retour chez eux.

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