Un reportage de Rémy Favre, à Rangoon, Birmanie

Ko Htin Kyaw :

La Birmanie est toujours un régime militaire. Les dirigeants ont simplement mis leur uniforme au placard... mais ils agissent comme auparavant.

la lnd dit avoir remporté 44 des 45 sièges en jeu en birmanie
la lnd dit avoir remporté 44 des 45 sièges en jeu en birmanie © reuters

Ko Htin Kyawest un opposant au pourvoir birman arrêté par la police. Devantune cour de justice birmanie, ilcrie courageusement ce qu’il pense du régime politique qu’il subit. Car après trois années de réformes depuis la dissolution de la junte en 2011, le pouvoir birman serre à nouveau la vis et les détenus politiques sont de plus en plus nombreux.

Il se sert du fourgon de la police comme d’une tribune politique. Il ne descend pas du véhicule stationné devant le tribunal entravé, pancarte à la main, Ko Htin Kyaw hurle son opposition au gouvernement réformateur. Il joue la provocation, il compare le président U Thein Sein à Hitler. Une quarantaine de personnes, fleurs à la main, sont venues le soutenir.

Sein Htwe :

Les roses ? C’est le symbole de la victoire. La victoire des opposants politiques contre l’oppression

Son Kyaw Lwin :

Aucun autre homme politique ne dit les choses de manière aussi directe que Ko Htin Kyaw. il ose dire la vérité. Il sait qu’il sera emprisonné s’il le fait... Il le fait en connaissance de cause. C’est pour cela que nous sommes fiers de lui.

Ko Htin Kyaw a déjà été condamné 11 fois dans des tribunaux différents situés dans plusieurs quartiers de Rangoon. Il y avait organisé des manifestations sans autorisation, il y avait distribué des tracts critiquant le gouvernement. Il a été condamné au total à 11 ans et 4 mois d’emprisonnement et il continue d’accuser le gouvernement.

Ko Htin Kyaw :

La justice est corrompue parce que les juges doivent faire ce que le Président U Thein Sein leur ordonne

L’Association d’assistance aux prisonniers politiques birmans considère Ko Htin Kyaw comme un détenu de conscience.

Bo Kyi, secrétaire de Ko Htin Kyaw:

il y a maintenant 84 prisonniers politiques en Birmanie et plus d’une centaine d’autres sont en procès. Le nombre de prisonniers politiques augmente de mois en mois. Le gouvernement birman ne règle pas les problèmes par la voie de la négociation, il pense qu’il peut régler les problèmes en arrêtant les gens. Il ne reconnaît pas l’existence de prisonniers politiques... il n’y en a pas... pas un seul...

A un peu plus d’un an des élections législatives, le processus de réformes ralentit en Birmanie. Le pouvoir ne tolère plus de critiques de l’armée ni de révélations sur les pratiques de corruption.

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