Ceux-ci sont très beaux, colorés, très design. Vous pouvez les recharger, ils sont 100% étanches. Cela montre l’évolution des sextoys : les clientes ne veulent pas nécessairement d’un objet qui a trop l’apparence d’un pénis, elles préfèrent quelque chose d’agréable à regarder.

Nous sommes à Séoul et vous venez d’entendre Choi Jung-yoon, une jeune femme qui vient d’ouvrir un type de magasin inédit en Corée du Sud : une boutique de luxe, destinée aux femmes, qui vend sex-toys et autres vibromasseurs haut de gamme. Une petite révolution discrète dans un pays qui, sous son apparente modernité, reste très patriarcal et où la sexualité féminine fait encore l’objet de nombreux tabous…

Reportage à Séoul du correspondant de RFI et France Inter en Corée, Frédéric Ojardias

« Pleasure Lab », c’est une boutique à l’ambiance sophistiquée. Les clientes sont accueillies par un verre de thé. Sur ses présentoirs, des rangées de sextoys de toutes formes. Choi Jung-yoon, sa cofondatrice, se qualifie à la fois d’entrepreneure… et de militante.

La Corée du Sud est un pays très confucianiste et patriarcal. Les femmes n’ont jamais été considérées ici comme étant indépendantes sexuellement. On les voit au contraire comme des objets sexuels. La société nous encourage à être féminines mais nous ne pouvons jamais exprimer nos propres désirs. Même si on voit beaucoup de femmes habillées de façon plutôt provocante, le but reste de plaire à un public d’hommes.

Moi et ma partenaire Eura Kwak avons vu la forte nécessité d’un endroit où les femmes peuvent explorer leurs désirs sexuels, en toute sécurité.

En dépit de progrès depuis quelques années, il reste difficile pour les Coréennes de parler librement de sexe. Les tabous restent nombreux. L’éducation sexuelle est insuffisante, l’utilisation de la contraception limité, le nombre d’avortements très élevé. De nombreuses clientes posent ainsi des questions… qui n’ont rien à voir avec les sextoys.

Oh oui cela arrive tout le temps ! Cela peut venir de clientes de tous les âges, qu’elles soient homosexuelles ou mariées et hétéros. J’ai souvent l’impression d’être une thérapeute plutôt qu’une vendeuse de sextoys. Il n’existe aucun autre endroit où les femmes peuvent poser ces questions, c’est pourquoi elles viennent à nous.

« Pleasure Lab » a ouvert il y a moins d’un an, mais c’est déjà un succès commercial. Le concept commence à être imité par d’autres magasins… ce sont se réjouissent ses deux fondatrices.

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