Un question-réponses réalisé avec Emilie Baujard, à Ghaza, en territoires palestiniens

Prison Israël
Prison Israël © Radio France / jillylovesdurham

Direction l’Israël à présent, où 2.000 prisonniers palestiniens étaient jusqu’à lundi dernier en grève de la faim. Mi-avril, ils avaient décidé de ne plus s’alimenter jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé avec le gouvernement israélien.

Ces détenus réclament de meilleures conditions de détention. Cette grève de la faim, c’est un mouvement d’une ampleur sans précédent.

Oui, c’est la première fois qu’autant de prisonniers se mettent en grève de la faim en même temps. Il faut dire que les revendications et la contestation montaient dans les cellules israéliennes depuis plusieurs mois, et notamment depuis la libération du soldat israélien Gilad Shalit en octobre.

Les détenus s’attendaient alors à ce que « la loi Shalit », du nom des mesures punitives mises en place dans les prisons, soit levée par Israël. Il n’en a rien été.

Ils demandaient notamment à pouvoir à nouveau étudier et recevoir plus de visites de leur famille. L’accord signé lundi soir prévoit la fin des mesures d’isolement pour les 19 prisonniers concernés. Certains d’entre eux sont à l’isolement depuis plus de 10 ans. Les autorités israéliennes assurent aussi que les familles vivant à Gaza pourront aller rendre visite aux membres de leur famille incarcéré en Israël.

- Et surtout, ils remettent en question la détention administrative, une pratique qui permet à Israël de maintenir un Palestinien en détention sans charge ni procès.

Oui, c’est sur cette mesure que les revendications se concentraient. 300 détenus sont actuellement en détention administrative, certains depuis plusieurs années, et personne ne sait ce qui leur est reproché, pas même leurs avocats ou la Croix Rouge.

Avec cet accord, les autorités israéliennes promettent de relâcher tous les détenus administratifs à l’issue de leur période de détention en cours, mais seulement si aucune nouvelle preuve n’est apportée contre eux.

Une victoire en demi-teinte pour l’association palestinienne Addameer qui défend les droits des prisonniers palestiniens et qui demande depuis des années la fin de la détention administrative.

- Quel avenir maintenant pour les 4.700 prisonniers palestiniens détenus en Israël ?

Il faut savoir que l’Autorité palestinienne et l’OLP demandent depuis des années la libération de tous les détenus palestiniens, qu’elles considèrent comme des prisonniers politiques. La question des prisonniers ne va donc pas s’éteindre avec la signature de cet accord…

Les détenus demandent toujours des conditions de détention plus humaines. Et puis, plus largement, ce « mouvement des estomacs vides » a montré que les actions non violentes peuvent servir à quelque chose.

Il n’est donc pas impossible que d’autres mouvements de cette nature voient le jour prochainement dans les prisons israéliennes.

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