Un reportage de Mouhssine Ennaïmi, à Ramallah, en trerritoires palestiniens

Un militant : « Les Israéliens disent tout le temps que les prisonniers palestiniens ont du sang sur les mains... Et même si c’est le cas, ça ne les empêchera pas de mener des actions contre l'occupation, de nous battre contre cela__ »

Bâtiment détruit Palestine
Bâtiment détruit Palestine © gloucester2gaza

Depuis fin septembre, plusieurs centaines de prisonniers palestiniens sont en grève de la faim dans les prisons israéliennes. Ils dénoncent leurs conditions de détention. Un millier d’entre eux sera relâché mardi, en échange de la libération du soldat Gilad Shalit, mais 5.000 autres détenus resteront emprisonnés, « en situation critique » selon des organisations humanitaires et de défense du droit international.

Dans les locaux de l'ONG Adameer à Ramallah, les familles qui appellent, téléphonent quasiment toutes pour la même raison : elles veulent avoir des nouvelles sur l'état de santé de leurs proches emprisonnés en Israël, ces derniers ayant entamé une grève de la faim illimitée depuis maintenant près de trois semaines. Nidah, elle, s'est déplacée de Naplouse à Ramallah. Son mari est en captivité depuis dix ans, soit un an après leur mariage.

Nidah: « Je suis la femme de Raed, qui est en prison. Cela fait presque trois semaines qu'il a commencé une grève de la faim et depuis, je n'ai aucune nouvelle de lui. Je m'inquiète beaucoup de son état de santé et personne pour l'instant, ni les avocats ni les organisations humanitaires n'ont pu le rencontrer. C'est pour ça que je suis venue à l'association, pour savoir s'ils ont des nouvelles de leur côté »

L'échange de prisonniers palestiniens contre le soldat israélien Gilad Shalit est une bonne nouvelle pour les Palestiniens. Pour les 1.027 détenus libérés prochainement évidemment, mais aussi pour le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, qui s'attribue le succès des négociations. Mais pour les ONG, militantes pour de meilleurs conditions de détention des prisonniers palestiniens dans les geôles israéliennes, c'est un accord a minima , où le droit international reste toujours bafoué par l'Etat hébreu. Cléa Thouin, chargée des questions juridiques chez Adameer.

Cléa Thouin : « C’est aussi un accord qui est un petit peu décevant. Dans les conditions imposées par Israël dans cet échange, il semble que plus de deux cents personnes vont être déportées en dehors de la Cisjordanie et en dehors de al bande de Gaza, ce qui est complètement illégal au regard du droit international humanitaire. Les conditions de détention en prison israélienne en ce moment ne sont pas du tout conformes au droit international humanitaire, donc évidemment, nous espérons que ces conditions vont changer dans les jours qui viennent »

Car depuis juin dernier, Benjamin Nethanyahou a durci les conditions de détention des prisonniers palestiniens. Le temps de visite passe de 45 minutes à une demi-heure par mois. Les prisonniers sont menottés aux pieds et aux mains durant les entretiens, les familles sont régulièrement refoulées, malgré des heures de trajets en bus. En guise de solidarité, une tente blanche a été érigée place Arafat à Ramallah. Quelques centaines de manifestants s'y rassemblent quasi quotidiennement.

Une manifestante : «J'ai plein d'amis qui sont dans les prisons israéliennes! Israël n'a pas besoin de raisons pour arrêter les Palestiniens. Etre un Palestinien suffit à vous envoyer en prison dans ce pays ! J'espère que cette grève de la faim va s'arrêter, car cela devient dangereux pour les détenus maintenant… J’aimerais que leurs demandes soient satisfaites avant qu'ils ne cessent leur grève »

Il n'y a pas que des responsables d'attentats ou des commanditaires d'actes anti-israéliens en prison. Selon les autorités palestiniennes, plusieurs centaines sont des prisonniers politiques, des enfants ou des personnes en détention administrative, c'est-à-dire sans avoir pu voir ni un avocat, ni être passé devant un juge.

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