Un reportage de Coralie Garandeau, en Californie du Nord

Deux gardes forestiers :

A quoi ressemble la rivière aujourd'hui ?

  • C'est bas ! En 22 ans que je suis là, c'est le plus bas que j'ai vu !

  • Ce que je vois c'est qu'il y a beaucoup d'activité, beaucoup de marijuana.
Cannabis
Cannabis © Fotolia

Le comté de Humboldt, en Californie du nord, au bord de la rivière Van Duze, est la région qui produirait un tiers de la marijuana américaine.

Depuis 2005, la consommation du cannabis à usage médical est légale en Californie et les exploitations prolifèrent. Si bien que les effets d'une production intensive se font sentir sur l'environnement : détournement des rivières, déforestation et pollution...

Au nord de la Californie s'étend le triangle d'émeraude. Une zone de forêts denses, épicentre de la production de marijuana. C'est à bord d'un petit avion que les gardes forestiers mesurent l'ampleur du phénomène et l'impact sur la forêt : des clairières taillées, de grandes tâches vert clair de la couleur des plants de marijuana, et de vastes serres.

Scott Braun, officier en charge de la faune et la flore pour l'état de Californie:

Ce qu'on voit quand on est en haut en avion ce sont des exploitations de marijuana à travers tout le paysage. Là où avant, on avait des ranchs ou des scieries.

Scott Braun est officier en charge de la faune et la flore pour l'état de Californie. Quand il n'est pas en l'air, il inspecte les rivières de son secteur. Les niveaux d'eau, bas pour la saison, l'inquiètent.

Je veux voir si les saumons adultes auront assez d'eau pour remonter la rivière cet automne. Le faible niveau d'eau c'est un problème pour la faune. On peut traverser à pied maintenant, ce qui était une belle rivière large ne fait plus maintenant que 4 mètres de large, à cause d'une activité intense et industrielle.

Les exploitations de marijuana sont très demandeuses en eau. Chaque plant consomme environ 45 litres par jour et pollue en retour tout l'écosystème.

Plus de consommation d'eau, plus de pollution, le niveau de convoitise augmente ainsi que l'impact sur l'environnement. Tout est lié. Il y a les fertilisants, insecticides, raticides… Et tout se répand à travers l'écosystème.

Scott et ses collègues retrouvent des sacs d'engrais sur les bords des routes, mais la plupart des cultivateurs reste invisible. Ils ne veulent pas parler, car la production est encore illégale au niveau fédéral.

Cela complique la tâche pour réglementer. D'un côté, c'est légal pour l'Etat, mais pas au niveau fédéral. Les gens ont peur de venir réclamer les permis adéquats et de demander comment ils peuvent économiser l'eau. C'est compliqué quand ils peuvent être poursuivis par le gouvernement fédéral.

En baie de San Francisco, à Oakland, dans le plus grand dispensaire médical.

Steve d’Angelo :

Dans cette vitrine, des fleurs de marijuana brute.

Le patron est une figure locale : Steve D'Angelo représente un collectif d'exploitants qui militent pour une réglementation , pour ne plus être associé aux pratiques des cartels mexicains.

La seule façon de contrôler la situation c'est de savoir qui cultive du cannabis, comment ils le cultivent et instaurer une surveillance. Cela veut dire qu'on doit créer des licences et réglementer la culture du cannabis.

La Californie va regarder de près l'expérience des deux états qui ont complètement légalisé la marijuana l'année dernière : le Colorado et l'état de Washington.

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