Reportage en Bolivie de Reza Nourmamode

Javier Castellano: « Nos vins commencent à se faire connaître à l’étranger. Ils ont même gagné quelques prix et cela surprend le monde du vin.»

Verre de vin
Verre de vin © Camilla Hoel

Javier Castellano est guide de la route du vin de Tarija. C’est le vin le plus haut du monde avec des parcelles à2 850 mètresau-dessus du niveau de la mer. Un vin dont les origines remontent au 17ème siècle mais qui reste encore très peu connu mondialement, comparé à ses voisins chilien et argentin.

Petit à petit, sa renommée grandit au-delà des frontières du pays.

Une altitude moyenne de 1 900 mètres, des sols calcaires, et un climat chaud et sec : c’est le berceau des vins de Tarija, au sud de la Bolivie. Nelson Sfarcich est œnologue et travaille pour plusieurs bodegas de la région.

Nelson Sfarcich : « C’est une viticulture extrême, ce qui signifie que nous devons faire plus d’efforts pour obtenir des vins de qualité. Après des années d’étude, de microvinifications avec plusieurs variétés, nous avons vu que les cépages qui se sont le mieux adaptés ici sont ceux qui n’ont pas besoin de beaucoup de périodes froides. C’est le cas du merlot. Le tannât fonctionne aussi très bien, ou encore le petit verdot. Ça nous donne des vins avec beaucoup d’arômes de fruits rouges, comme la myrtille ou la prune. Les vins blancs donnent bien également, avec des arômes d’ananas ou citriques. »

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Introduit au 17ème siècle par les jésuites espagnols, le vin n’a jamais séduit massivement les Boliviens qui n’en consomment en effet qu’un litre par personne dans l’année, loin par exemple des 54 litres bus par les Français. L’objectif des viticulteurs boliviens est donc d’augmenter la consommation interne, mais pas seulement. Jose Luis Porcell, le président de l’association nationale des industries vitivinicoles.

Jose Luis Porcell : « Nous avons exporté en Espagne, aux Etats-Unis, au Canada ou encore en France, mais dans des petits volumes, plus pour l’image qu’autre chose. Mais les retours sont bons et nous pouvons affirmer qu’à moyen terme, nous pourrons consolider nos exportations. Il ne faut pas oublier que les raisins sont produits à environ2 000 mètresau-dessus du niveau de la mer. Nous pouvons donc parler de « vins d’altitude », ce qui nous offre un créneau marketing pour la commercialisation que nous n’avons pas encore exploité. »

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Récemment, une route des vins a été mise en place, afin de promouvoir la tradition vinicole de la région. Un circuit d’une quarantaine de kilomètres dans un paysage de vallées, où l’on visite notamment des bodegas familiales qui produisent encore du vin de façon artisanale. Parmi les guides touristiques, Javier Castellano.

Javier Castellano : « Le principal produit touristique de la région, c’est le tourisme œnologique. C’est grâce au vin par exemple que l’affluence de touristes européens est en train de croître fortement. Et nous commençons à recevoir des réservations internationales spécialement pour notre circuit des vins. Cela nous donne beaucoup d’espoirs de voir le tourisme se développer enfin ici. »

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Quinze ans à peine après être passée à l’échelle industrielle, l’activité vitivinicole bolivienne pèse déjà environ 35 millions d’euros et fait vivre directement quelques 4 000 familles.

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