Je pense que l’archéologie c’est la mère de l’histoire. Si on ne connait pas l’archéologie, on ne connait pas, jamais l’histoire.

Nous sommes à Hérat en Afghanistan, et vous venez d’entendre Zia qui depuis un an et demi poursuit sa formation d’archéologue à la Dafa, la délégation archéologique française en Afghanistan. Mise en place en 1921, la Dafa est la seule mission archéologique étrangère permanente dans le pays. En Afghanistan, les conditions de sécurité précaires impliquent que les missions de fouilles, même dans les lieux jugés les plus sûrs, ne durent que quelques jours. Sur le terrain, il s’agit donc avant tout de ne pas perdre de temps. Comme sur le site du Mossalah, à Herat, dans l’ouest afghan, où l’équipe de la Dafa exhume des vestiges islamiques du 15e siècle.C’est là-bas que s’est rendu pour France Inter, Joël Bronner le correspondant de RFI en Afghanistan.

La grande chose qui change en Afghanistan c’est qu’on vient fouiller, on n’est pas sûr de revenir fouiller.

Thomas Lorrain, secrétaire scientifique de la délégation archéologique française.

__ C’est à dire qu’à chaque mission qu’on fait, on sait pas si on reviendra. Donc tout ce qu’on fait, on le fait dans la perspective dans laquelle on reviendra jamais, donc on enregistre absolument tout ce qu’on peut et on garde toutes les informations possibles et imaginables.

En Afghanistan, il faut à la fois composer avec les risques de la guerre présente et les dangers issus des conflits passés. Car ici, les sous-sols ne contiennent pas que des trésors et c’est pourquoi les archéologues doivent travailler, à Herat, en collaboration avec une équipe de démineurs. Julio Bendezu Sarmiento dirige cette délégation archéologique.

Malheureusement y’a des sites qui ont été occupés aussi bien par les moudjahidines que par les talibans et autres combattants. Donc on s’adapte puisque ça vient d’une demande présidentielle très précise en fait, de rendre le patrimoine afghan aux Afghans.

Dans l’idéal, le gouvernement afghan souhaiterait en effet qu’après les fouilles, le site d’Herat devienne un parc archéologique, où la population vienne se réapproprier sa propre culture. Jean-Michel Marlaud, ambassadeur de France à Kaboul rappelle qu’à cette dimension culturelle s’ajoute aussi une dimension politique.

Retrouver le passé de l’Afghanistan, c’est aussi une façon de montrer que l’Afghanistan ce ne sont pas seulement les images négatives qu’on voit tous les jours dans les actualités. Une des façons de lutter contre l’extrémisme c’est aussi de faire redécouvrir aux Afghans que leur univers n’a pas commencé avec l’avènement de l’Islam et qu’il y a eu avant bien d’autres civilisations qui se sont retrouvées en Afghanistan.

Les traces du passage d’Alexandre le grand, les vestiges du bouddhisme… autant de richesses qui devraient d’ailleurs cohabiter à terme avec l’art islamique au sein de ‘la carte archéologique’, une vaste base de données consacrée au patrimoine afghan, que le président afghan a chargé les archéologues français d’établir.

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